‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 49 sur 188 · i" Journée · texte numérisé non relu

i" Journée

iU) LE ROMAN RÉALISTE AU XVII® SIÈCLE.

maxime ironique : « Celui qui achète en gros la justice, la peut vendre en détail.» Richelieu la cite dans son Testament politique.

Quant aux financiers, non seulement on reprend ici contre eux tous les anciens griefs, mais on les nomme, on lès désigne personnellement à la colère publique. Avec autant de violence que dans les pamphlets contemporains {la Chasse aux larrons, la Voix publique au Boî, le Moi à Voreille die M. le marquis de la Vieuville...), on réclame contre eux la « recherche » ou « poursuite », qui sera décrétée d'ailleurs deux ans après ; on prévoit bien que les plus gros en seront quittes pour « quelque pièce d'argent » : ce sera pourtant une mesure de salubrité publique ^,

Sur les mœurs privées, l'objet principal de la critique des commères, c'est le goût nouveau du luxe, venu d'Italie, avec la politesse, et qui, après avoir à demi ruiné les seigneurs de la Cour, commence à se répandre dans la bourgeoisie, a Pour le jourd'hui, on ne voit plus ni femme de notaire, ni de procureur..., ni même de marchand et d'artisan,*à qui la soie ne traîne depuis les pieds jusque^ à la tête 2. » Des fils d'avocats ou de chirurgiens s'habillent comme les gentilshommes, hantent les banquets à deux pistoles par tête, empruntent à l'usurier, «jouent aux dés, au piquet, à la paume..., vont à la chasse et font le même exercice que Jes grands^». Et cependant l'argent devient de plus en plus rare. Depuis que la Cour est, avec le roi, devant Montauban ou devant La Rochelle, on ne fait plus aucun trafic, les boutiques sont désertes *. La vie

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