Dames galantes, éd. Lalanne, t. IX, p
2. Discours politiques et militaires , Bâle, F. Forest, 1587, in-4'' : VP Discours (p. 133-147) : « Que la lecture des livres d'Amadis n'est moins pernicieuse aux jeunes gens que celle des livres de Machiavel aux vieux » ; principalement g II : « Du second fruit, nommé poison de volupté ».
3. Dans les Enthousiasmes de Sapet (1556), Eprise XVI, un passage assez vif sur le baiser.
4. Voir, par exemple, dans le Melicello de Jean Maugin (1556), î° 19, a, lappel pressant de Melicello à Caïa : « Oyez-vous pas le rossignol fredonnant au renouveau de cote primevère? et que, tout ainsi que les arbres et herbes reverdissent et refleurissent, aussi r'entre il en ses amours, recitant en son ramage la joye de son plaisir prochain? Outre doncq' ce que vous ay dit, la saison et l'âge nous y poussent et mènent : ce que passé, vieillirons, flétrirons et sécherons, comme les herbes et fueilles en l'Autone, nous repentans pour néant avoir laissé couler et user le brief cours de nostre vie inutilement et en chagrin. Partant, chère amye, éjouïssons nous, et faisons que nostre esprit, qui pénètre continuellement les cieux par sa subtilité, ne s'apesantisse et anéantisse en terre, avec moindre récréation que les bestes. »
l'invincible puissance de la beauté ^ Il respectera la femme, il respectera Tamour, il s'appliquera à le dégager de la brutalité des instincts; il louera la chasteté comme la première vertu des belles âmes, il fera entrer dans la littérature le sentiment de la pudeur.
Quelles raisons ont déterminé cette révolution dans les goûts, sinon dans les mœurs?
On voit tout de suite qu'une des plus importantes a dû être le développement de la philosophie platonicienne.
Nous n'avons pas à faire ici l'histoire du platonisme italien du Quattrocento ni de la diffusion en Frauce de ses doctrines dans le cours du xvi^ siècle. Cette histoire a d'ailleurs été écrite, au moins en partie -. 11 nous suffira de rappeler que tandis que les traductions d'abord latines, puis françaises de Platon, les impressions des traités de Ficin ou de Landino ^ créent dans le petit groupe des érudits un curieux mouvement d'idées, les théories platoniciennes se développent parallèlement dans la société. Mêlées, on l'a déjà remarqué'^, d'un certain mysticisme alexandrin, elles agissent fortement sur un public curieux de nouveauté qui s'intéresse d'ailleurs beaucoup moins à leur fond métaphysique qu'aux applications qu'on en pourrait faire à la vie sentimentale. M. A. Lefranc a noté avec précision quelle avait été sur ce point l'importance du rôle de