‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 105 sur 192 · La Diffinition..., P 9, b · texte numérisé non relu

La Diffinition..., P 9, b

FIN DU XVl" ET COMMENCEMENT DU XVIl'' SIECLB 207

et non beaulté et moins amour ^ » Le Sopholo^e a cela d'Intéressant qu'il dégage le platonisme des spéculations abstraites pour lui demander une règle précise de conduite. L'Amour est tout puissant, puissant sur la terre et puissant dans les espaces, puisqu' « aucuns disent et tiennent que plusieurs estoilles sont au ciel mutuellement amoureuses l'une de l'autre ^ )) : le devoir est d'employer cette force infinie au profit de la vertu : « Amour vertueuse cause expulsion de vices, par Amour croist l'homme en valeur. Par Amour vertu reçoit son guerdon et son office exerce courtoysie. Amour gentille de villenye nous gardée., w On trouve déjà là, sommairement indiquée, toute la théorie de ce qu'on appelait autrefois « la vie civile », fondée sur la conception d'un amour discipliné et moralisé.

Trois ans après, en 1545, Jean Martin publie sa traduction des Azolains de Bembo *, dont les multiples réimpressions ^ font voir avec quelle rapidité s'élargit le cercle des lecteurs capables de suivre « sur la nature d'amour » des discussions assez subtiles. En 1551, la Philosophie d' Amour de Léon Hébreu est traduite, deux fois en une année ^. En 1553, dans le second discours des Champs faez de C. de Taillemont, Eumathe explique longuement quelle différence il y a entre le « vray

Page 1