Le Triomphe de la Constance
tion salutaire. Cléandre songe à se tuer en apprenant le mariaore de sa maîtresse ^ ; mais il a recours à la Muse, et son désespoir se calme quand il l'a exprimé en trentehuit sonnets.
On a plus d'une fois l'impression que les auteurs n'ont emprunté le cadre du roman et ébauché une vague histoire que pour y insérer des vers qui leur avaient servi dans la réalité et où ils avaient parlé pour leur compte : le sieur de la Regnerye nous laisse entendre qu'il en a usé ainsi". Le ton de ces poésies est d'ailleurs si peu personnel que l'on peut sans inconvénient les faire passer dun roman dans un autre. Du Souhait, dans l'Avertissement de Polipliile et Mellonimphe, s'excuse d'avoir ainsi dépouillé un de ses ouvrages antérieurs. Béroalde de Yerville avait de même introduit dans les cinq parties des Aventures de Floride (1593-1601) plusieurs pièces qui avaient déjà paru, en 1583, dans ses S ouspir s Amoureux. Le procédé est admis et s'emploiera encore^.
Tous ces embellissements, dialogues, lettres et vers, nous paraissent aujourd'hui insupportables. Ils ont d'ailleurs assez vite passé de mode : en 1627, Charles Sorel assure, dans son Berger Extravagant'', que « tous les lecteurs passent dessus quand ils les rencontrent ». A ce moment la société mondaine a déjà fait son apprentissage.