Ch. XXXIX à xLiii, et i° 138, b
2. Le Remède d'amour composé par Eneas SUvius, aultrement dit Pape Pie secojid, translaté de latin en françoys par maistre Albin des Avenelles, chanoyne de Téglise de Soyssons, avec auculnes additions de Baptiste Mantuen. Paris, J. Trepperel, s. d. [vers 1505], in-4°, goth., 12 ff. ; — Id. Paris, Alain Lotrian, s. d., pet. in-4°,goth. ; — Id. Paris, Est. Groulleau. 1548, in-8».
3. Paris, Galliot du Pré, in-8% 1534, 103 p. (48 pour YEecatomphile'), lettres rondes (avec Les Fleurs de poésie françoyse). [Privil. du 11 jany. 1533.]
Il y a bien de la finesse dans le petit livre de cet extraordinaire Alberti, artiste, savant, philosophe, humaniste et poète, une des natures les plus complètes qu'ait vues la Renaissance italienne. On y retrouve, avec des agréments tout modernes, l'esprit et la Imorale d'Ovide.
Quand les dames y ont été instruites des bons moyens (( de trouver Amans et de les eslire commodes », il leur est encore expliqué « comme il les fault entretenir en inviolable concorde pour faire durer longuement les illecebres amoureuses » :
Eslisez (belles filles) amoureux modestes et enclins a toute vertu. Prenez les par humilité décorée de bonne grâce. Aymez les sans quelque faintise, et nourrissez vostre amytié de paix et glorieux repos, vous recordant qu'en vostre amour jamais il n'y aura divorce, si la suspicion naissante la descouvrez incontinent a celluy qui en sera cause. Ainsi aymant eu loyaulté, persévérant en bon service et en vous monstrant gratieuses, pourrez induire a vous aymer ceulx de qui vouldrez estre aymees, et cueillirez facillement le fruyct d'amoureuse lyesse... Ce pendant, évitez tristesse qui est mortifère à vous mesmes, dommageable a voz amys et vous disposez a ceste heure de tant et tellement aymer que désirerez estre aymees : car il n'y a enchantement, herbe, stigmate, ny racine qui soit de si grande vertu pour vous faire aymer par les hommes, que de leur monstrer amytié*.
Voilà les conclusions de la vieille femme indulgente qui, se citant souvent en exemple, apporte ici aux plus jeunes les conseils de son expérience. Elle n'a d'autre prétention que de « les rendre plus doctes en cautelles amoureuses ». Mais il faut bien que cette stratégie qu'elle enseigne se fonde sur quelques observations et analyses. Et c'est ainsi que le petit livre auquel s'était, un jour, amusé le génie universel d'Alberti, a pu rendre