‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 58 sur 192 · Conclusion du \ii* conte · texte numérisé non relu

Conclusion du \ii* conte

2. Cf. Édit. de Lyon, s. d., f° 46, a, et éd. de 1574, f" 148.

3. Édit. incomplète et fautive donnée par P. Boaistuau en 1558. Paris, Gilles Robinot, in-4°, sous ce titre : Histoire des amans fortunez. Edit. imparfaite encore de Gruget en 1559, Y Heptaméron des nouvelles... Paris, V. Sertenas, in-4°.

Reine de Castille), où l'attitude de la reine reste étrange et son intention énigmatique; l'aventure de la Dame du Vergier (lxx® nouvelle) est surtout une « Histoire tragique )) et c'est d'ailleurs le seul récit pour lequel Marguerite déclare expressément s'être inspirée d'un livre antérieur : le roman « escript en si viel langaige » de la châtelaine de Vergi*.

Presque toutes ces histoires sont prises de la vie contemporaine : ceux qui les rapportent en ont été les témoins ou les ont recueillies de ceux qui les ont vues^ ou ont « faict inquisition véritable sur le lieu " » ; les noms seuls sont changés « pour ce que c'est de si fresche mémoire qu'on auroit paour de desplaire à quelcuns des parens bien proches* ». Ce sont des faitsdivers bien choisis, des documents destinés à confirmer une thèse. Ce qui les a fait préférer à d'autres, c'est le caractère dramatique, ou piquant, ou comique de l'aventure. On pose les situations, on n'a pas le temps d'étudier en détail le progrès des sentiments ou les conflits de ces sentiments.

Il est remarquable toutefois que dans les nouvelles de quelque étendue les motifs des actions sont presque toujours indiqués. Dans le conte cité plus haut, le xxiv®, quand Elisor fait à la reine de Castille, qui n'y paraît pas insensible, l'aveu d'un amour qu'il a caché pendant sept ans et qu'elle lui impose comme épreuve un éloi-

1. Elle a connu cette histoire, non par le délicat poème du xiii* siècle, mais par la rédaction en prose du xv*, aujourd'hui perdue.

Page 1