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fait œuvre utile en représentant avec force les funestes effets de la concupiscence : il veut qu'en le lisant, on c( accuse les adultères y>, on et déteste les infâmes », on méprise ces insensés « qui se laissent mourir pour un plaisir si peu durable que l'aise du corps ^ ».
Il semble que les lecteurs aient été assez insensibles à cette intention moralisatrice et qu'ils aient surtout cherché dans les Histoires tragiques ce que le titre promettait, c'est-à-dire des péripéties violentes et des dénouements brutaux. Ces faits devaient paraître d'autant plus impressionnants qu'ils sont presque toujours donnés comme authentiques : comme dans VHeptaméron^ presque rien ne procède d'une fiction littéraire ^ La plupart de ces drames ont été vécus, on nous le rappelle sans cesse. L'histoire 119^ est une histoire vraie, « arrivée du temps de nos pères, ainsi que l'atteste François Elori, Florentin, qui proteste avoir cogneu ceux des quels est dressée l'histoire qui s'ensuit ». De la nouvelle 123'^ ou nous dit : « la chose estant aussi vraye que chose qui jamais advint en France ». Et ces événements ont aussi tout l'intérêt de l'actualité : dans des familles de France, d'Espagne, surtout d'Italie on trouverait vivant encore des gens qui en ont été les témoins ou même les acteurs^.
L'élément sentimental tient naturellement peu de place dans une telle littérature. On ne peut dire, à la vérité, qu'il soit tout à fait exclu, et Belleforest semble l'avoir trois ou quatre fois développé avec une certaine complai- j sance. L'histoire 18® (tome j), celle de Dom Diego et de Genièvre la blonde, est un petit roman d'amour où ne