Tallemant, I, p
4. Qui dédie à la reine, en 1609, so. Lydie, « fable champestre ».
5. Mémoires- Journaux^ septembre 1607. Elle mourut « d'avoir mangé des morceaux de gands pour se faire venir les pâlies couleurs ».
6. Bibl. Xat., Mss fr. n° 19197 (cité par M. Roy, Charles Sorel, p. 58). Sur la civilité de Bassompierre, v. Motteville, Me'm. (Poujoulat), p. 107.
7. Dédicace des Légitimes amours et fortunes guerrières de Doris (1600).
Souhait dans sonParfaict Gentilhomme (1600); sûrement le duc de Nemours, « le premier qui se soit adonné à taire des galanteries en vers* », un des habitués du salon de M^'^ de Seneterre-.
Catherine de Vivonne n'a épousé qu'en IGOO le marquis de Rambouillet et, au moment de son mariage, elle a à peine douze ans. Elle n'en a que dix-neuf lorsque, après la naissance de sa première fille, elle s'est retirée à peu près complètement de la Cour et a commencé à recevoir quelques intimes dans le vieil hôtel Pisani. On ne peut donc guère l'associer à ce premier mouvement qui, dès le début du règne de Henri IV, a porté un groupe important de la classe aristocratique à s'organiser en société. Mais en ayant été le témoin dans sa première jeunesse, elle en a recueilli dans la suite le bénéfice. Il semble qu'elle ait moins innové qu'on ne l'a dit et qu'elle 5e soit simplement contentée de reprendre plus régulièrement, avec plus d'autorité, plus de vraie culture et plus d'esprit de discernement un rôle où immédiatement avant elle plus d'une s'était essayée. Si elle a si heureusement réussi, et presque dès d'abord, c'est que, depuis quinze ans, pour le moins, la société française faisait déjà son apprentissage, s'efForçant de se dépouiller de ce qu'elle avait encore de rude et de violent, de se sou-
1. Tallemant, I, p, 224. — Dédie, des Amours de Lintason (1601), par le sieur de la Regnerye.
2. Quoique la vie provinciale de cette époque soit encore mal connue, on peut affirmer que dans les villes de quelque importance la vie mondaine n a pas tardé non plus à reprendre : pour Lyon et Bordeaux quelques renseignements ont déjà été recueillis; pour Tours, Blanchemain en a groupé un certain nombre dans son édition des poésies de Guy de Tours, Paris, 1879, 2 v. in-S" ; pour le Vivarais, le Dauphiné et la vallée du Rhône, une source assez importante est la correspondance galante de Pierre Davity, de Tournon, insérée dans ses Travaux sans travail (1599, 1602, 1603, 'l609).
176 LE ROMAX SENTIMENTAL AVANT L* « ASTREE
mettre à une discipline unanimement consentie, de faire revivre enfin cette politesse des mœurs, tradition lointaine de notre génie, qu'on a vu refleurir chez nous dans toutes les époques de paix. Si ce travail de lente préparation reste assez obscur et presque anonyme, les résultats du moins en ont été assez évidents et nous connaissons très bien les idées et les sentiments qui l'ont dominé. Nous les voyons se manifester nettement dans les petits romans qui sont nés, on peut l'affirmer, de cette renaissance de la société mondaine et où elle s'est en quelque sorte définie.
Ce qui nous frappe d'abord dans la littérature romanesque du règne de Henri IV, c'est son abondance.
Pendant la durée des guerres civiles à peine avait-on vu en France un ouvrage nouveau auquel on pût véritablement donner le nom de romand Nous en comptons (et il est probable que notre liste n'est pas complète) deux en 1593, cinq en 1594, deux en 1595, trois en 1596, sept en 1597, quatre en 1598, neuf en 1599, plus de soixante de 1600 à 1610.
Un autre point, non moins important, c'est la prédominance sur tous les autres du genre sentimental.
Sans doute le goût des aventures chevaleresques n'est pas encore passé. On continue, à la fin du xvi^ siècle, et on continuera longtemps encore à réimprimer les romans du Moyen Age en un format plus commode et en un style
1. On ne peut appeler roman l'étrange Camille de P. Boton (1573) ni les recueils de Contes ou dHistoires tragiques dont il a été parlé plus haut. Il faut noter qu'en 1585 paraît le premier livre des Bergeries de Julliette, de Nicolas de Montreux.
FIN DU XVI° ET COMMENCEMENT DU XVIl^ SIECLE 177
généralement rajeuni'. Mais les rédactions en sont de plus en plus resserrées : le Lancelot donné par Benoist Rigaud, à Lyon, en 1591, tient en 166 pages in-S*^ -. On A même commencé à ramasser en un seul volume la «latière de plusieurs histoires ^ Quoique rendues ainsi plus abordables, ces inventions fabuleuses n'attirent plus autant qu'autrefois : elles font surtout la joie des écoliers xjui aiment h y trouver, comme le Francion de Sorel, ou plutôt comme Sorel lui-même, « d'horribles chaplis de •^éans déchiquetez menu comme chair h pâté w ou de <( gorgiades infantes » avec des yeux verts comme ceux des faucons *. Les gens du monde commencent à trouver qu'il y a là « trop de choses hors de raison* ». C'est vers <;e temps-là qu'Estienne Pasquier écrit de YAinadis : « la mémoire en semble estre aujourd'huy esvanouie ^ ».
L'on voit cependant paraître, à ce moment, quelques nouveaux romans chevaleresques, l'un très long, les
1. Ils ont peut-être continué à maintenir dans la noblesse un goût des •vaillantises de parade qui ne se dément pas, même dans l'àpreté des dernières guerres : à la bataille d'Arqués on fait encore le coup de pistolet pour l'amour des dames. (Tallemant, éd. P. Paris, 1854, I, 62.)
2. Fait assez curieux, l'éditeur laisse entendre que cette histoire était déjà oubliée : elle lui est tombée entre les mains, dit-il, et il n'a pas voulu permettre « qu elle demeurast ensevelie ».
3. Recueil de Romans de Chevalerie^ sçavoir ; Artus de Bretagne, Tris, tan de Leonnois, Meliadus dict le Chevalier de la Croix, Doolin de Mayence, Olivier de Castille et Artus d'Algarbe, Robert le Diable et Richard sans peur, Paris, Bonfons, 1584, in-4°. — Recueil de Divers Romans de Chevalerie, sçavoir : Maugis d'Aygremont et Vivian son frère, Alexandre le Grand et Richard sans peur, ibid., 1584, in-4''.
Recueil de Divers Romans de Chevalerie, sçavoir : la Conqueste du Grand Charlemagne avec les faicts et gestes des douze Pairs de France et du grand Fierabras ; V Histoire de Maugis d'Aigremont et de Vivian son frère', 'et les Quatre Fils Aymon, Lyon, Rigaud, 1597, in-4°.