Tallemant, éd. citée, I, p
4. C'est elle qui plus tard se montra si impatiente de connaître Malherbe nouvellenaent arrivé à Paris. On connaît l'anecdote rapportée par Tallemant : elle invita à sa place un orfèvre qu'elle prit pour lui.
5. Dialogue des Chastes amours cVEros et de Kalisti, Paris, 1596, in-12.
6. Ces derniers noms, avec beaucoup d'autres, nous sont donnés par Du Souhait dans ses Pourtraicts des Chastes Dames, Lyon, B. Rigaud, 1600, 12°.
7. Elles nous sont connues par leurs dédicaces. Voir la Bibliographie à la fin de ce volume.
8. Voir, sur sa collaboration avec des Escuteaux, p. 267, note 3.
la marquise de Thémines \ la princesse de Croy, et enfin la vicomtesse d'Auchy, la « Caliste » de Malherbe, célébrée par lui, par Lingendes, par Malleville et bien d'autres et de qui Tallemant a écrit que, « comme elle estoit fort vaine, tous les auteurs et principalement les poètes estoient receus à luy en conter^ ».
Un peu plus tard, en 1605, quand Marguerite de Valois quitte Usson, elle amène avec elle sa brigade d'écrivains et de gentilshommes et, au château de Madrid (à Boulogne), puis à l'Hôtel de Sens, enfin dans l'hôtel qu'elle fait construire, en face du Louvre, sur la rive gauche de la Seine, elle tient une manière de petite cour, plus solennelle peut-être que la grande et plus respectueuse de l'étiquette, mais où fleurit la conversation^ et où les gens de lettres trouvent bon accueil : l'on y voit Desportes, Maynard, son poète; Scipion Dupleix et Antoine Le Clerc, sieur de la Forest, ses maîtres des requêtes; le poète La Puiade, son conseiller et secrétaire des finances; CoëfiPeteau, son aumônier; le poète Claude Billard, seigneur de Courgenay, son secrétaire des commandements ; Alex. Bouteroue, l'auteur du Petii Olympe d^Issj/ ; Isaac de LafFemas, sieur de Humont (celui qui sera plus tard lieutenant-civil), auteur de L'Heu-
1. Du Verdier parle, dans la Dédicace des Amans Jaloux, des « miracles de son esprit », des « ravissemens qu'on tz'euve en son entretien ».
2. I, 326. — On sait que plus tard elle tint un salon en forme, une espèce d'académie que Balzac, dans ses Lettres à Chapelain, appelle « un sénat féminin, une pédanterie de 1 autre sexe ».
3. A Usson c'était déjà un des passetemps préférés de la reine. Cf. Epitre Dedicatoire de Brantôme à Marguerite de Valois sur deux harangues (éd. Lalanne, t, X, p. 4) : « Dernièrement que je tous estois allé faire la révérence à Usson, j'eus cest honneur d'entrer dans vostre salle, et TOUS veoyr manger tous les jours, où je notay une chose tres-louable, que je ne vous ay jamais vcu faire repas que, devant vostre table, vous n'eussiez de fort honnestes gens et sçavans, lesquels vous mettiez tousjours sur quelques beaux discours, disputes et propos non communs... »
reiix Retour de la Reyjie Marguerite (1605) ; Porchères l'Augier, rival de Nerveze et de Des Escuteaux, « qui estoit à peu près en vers ce qu'estoieiit les autres en prose ^ » ; des Yveteaux, Claude Garnier, Pitard, le moraliste^; La Roque, « qui faisoit joliment des vers » et qui était de la suite de la reine ^ ; Vital d'Audiguier, seigneur de la Menor; le poète de Mailliet, le sieur du Mas*, et, parmi les filles d'honneur, M"® de Beaulieu, auteur du roman de La Chiaramonte^ et M"^ de Montigni, « connue pour son bel esprit )), dit L'Estoile ^
A côté des auteurs que Ton veut bien admettre dans ces cercles, on peut compter déjà un certain nombre de gentilshommes : les uns sont des courtisans, et non des moindres, qui viennent se reposer en des milieux plus calmes et s'instruire dans l'art des bienséances : peutêtre Bassompierre, qui ne néglige rien de ce qui peut accroître son prestige auprès des dames, qui est déjà considéré comme un bon juge des ouvrages de l'esprit et qu'on verra dans la suite faire des conférences chez la princesse de Conti^; peut-être M. de Bellegarde, Grand Écuyer de France, patron de Malherbe et de quelques romanciers'; sans doute Charles de Luxembourg, comte de Brienne, « Apollon de France », dont parle Du
1. Tallemant, IV, p. 320. — « Personnage de Cour perpétuelle et que tous les Courtisans admirent, » dit M"* de Gournay, VOmbre, éd. de 1626, in-8°, p. 593.
2. « Durant ses repas elle faisoit tousjours discourir quelque homme de lettres. Pitard, qui a escrit de la morale, estoit à elle, et elle le faisoit parler assez souvent. » (Tallemant, I, p. 149.)