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LA DÉCLINAISON LATINE ET LA DÉCLINAISON MODERNE

L'ensemble des finales du nom s'appelle déclinaison, comme l'ensemble des finales du verbe s'appelle conjugaison.

Dans les langues classiques les noms varient non

seulement avec le genre et le nombre mais encore avec le cas.

Cas signifie chute du mot et cette chute varie avec le rôle ou la position du mot.

Les principaux casen latin sont :

Le nominatif, quand le nom est sujet :

Le génitif, quand il marque la possession ;

Le datif, l'attribution ;

L'accusatif, le régime du verbe actif, le complément direct ;

L'ablatif, le régime du verbe passif, le complément indirect.

LATIN FRANÇAIS ROMANAL

Nominatif: arbor l'arbre l'arbore

Génitif : arboris de l'arbre del arbore

Datif : arbori à l'arbre al arbore

Aceusatif : arborem l'arbre el arbore

Ablatif : arbore par l'arbre dal arbore

Grâce à l’article et à la préposition (qui se contractent parfois) les langues romanes n'emploient qu'une seule des finales latines, souvent l'ablatif en e, pour tous les cas du singulier ; elles se contentent d'y ajouter s pour former le pluriel, alors que le latin dit au pluriel : erbores pour le nominatif et l'accusatif, arboribus pour le datif et l'ablatif, arborum pour le génitif.

C'est trop et trop peu, puisque, malgré la multiplicité des cas, certains sont équivoques.

Le latin permettant des inversions, il.est très difficile de distinguer le sujet du complément, quand le nominatif est pareil à l'accusatif : arbores ? C'est la une des princi-

Er

pales difficultés de cette langue. On y obvie en Romanal par l'emploi de la préposition em», qui montre l'objet sur lequel se porte l’action, la tendance vers, le complément direct. Cette préposition contractée avec l’article défini S'abrège en el, et permet les inversions, ex. : em le libre, ou ‘el libre me lectan, je lis le livre ; em te me vidan, c'est toi que je vois.

Cet accusatif est inutile quand il n'y a pas d'équivoque possible : me vidan te, je vois toi, je te vois.

En français, je, tu, sont des nominatifs ; me, te, sont des accusatifs.

Toi est équivoque dans la phrase « je l'aime plus que Loi », on ne sait si {oi est nominatif ou accusatif. Il faut donc une préposition pour montrer Faecusatif dans une langue où on n'admet pas d'équivoque. Cette préposition a l'avantage de ne pas défigurer le nom par une désinence aceusative qui n'existe plus dans nos langues modernes.

Tous les noms ne peuvent pas se décliner puisqu'il.y en a qui sont invariables comme les prépositions et les conjonctions.

Il y en a dont le‘radical s'oppose à la déclinaison en nombres, d'autres en genres : il est évident que le mot père ne peut être féminin, que le mot mére est nécessairement féminin ; dans ce cas on conserve le mot latin avec une seule finale, la plus internationale : patre, matre : mais ces noms indéclinables en genres seront déelinables en nombres, et on dira au pluriel : patres, matres.

La déclinaison complète comprenant les trois genres

Or

naturels (m. f. n.) et les deux nombres (sing. et plur.) est au contraire toujours possible avec les adjectifs et il faut en user si on veut pouvoir déterminer le nombre et le genre de tous les substantifs et rendre limpide la traduction de tout texte. L'adjectif devient alors un déterminatif, pour suppléer à l'insuffisance du substantif.

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