‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 123 sur 160 · O les povres enfans, tous deus morts d'amourette · texte numérisé non relu

O les povres enfans, tous deus morts d'amourette

et 23) a disparu, et son suicide est remplacé par une mort subite et inexpliquée : pendant que la délaissée tombe d'un côté, il tombe de l'autre, et c'est tout. Il n'y a pas d'hésitation possible entre cette dernière leçon et celle que l'on a adoptée.

25. Htes- Alpes -f- Vagney, Fontenay, Normandie; cf. Comté 1 et Bretagne, Catalogne. — « Quels » au féminin, vestige de la 3e déclinaison latine des adjectifs. — Pour « noce » rimant avec « amourette », même observation qu'au v. 12.

26. Provence 1, Htes-Alpes -f- Tarentaise et Sérignac (tous deux) ; cf. Aoste, Lorient, Fontenay, Catalogne, Graglia.

Dans Normandie et Lorient, il y a une finale ajoutée» relativement à la sépulture des deux amants et aux arbres sympathiques qui poussent de leurs tombes.

A défaut d'élément précis qui permette de dater la chanson des Tristes Noces, le style, peu archaïque en somme, pourrait lui faire assigner le xvne siècle. Il est remarquable que cette chanson, sporadique dans le reste de la France, couvre tout le territoire de FEst depuis la Méditerranée jusqu'aux Vosges (Provence, Dauphiné et Savoie, Bresse, Comté, Bourgogne, Lorraine), et que c'est en particulier les versions provençales — ensemble leurs dérivées piémontaises, — qui en ont mieux conservé le début (bouquet de rupture) et la conclusion (suicide de l'amant). Toutefois, nonobstant les six versions patoises du Midi (Provence, i, 2 et 3, Menton, Languedoc et Naves), j'estime probable que la pièce fut composée en français 1 sur un point

1 . On ne voit pas bien, en effet, ce que deviennent dans un parler provençal ou franco-provençal, — qui n'admet point l'élision de l'atone finale, — des hémistiches tels que : « La marié' ne suis... », « L'amant qui la salu'... », « Tenez, m'ami', tenez... », lesquels, en français, n'ont rien que de légitime.

du domaine franco-provençal, certains mots étant d'ailleurs modifiés par l'influence du parler local.

Page 1