‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 23 sur 160 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

nonciation où du reste conduit naturellement l'articulation accusée de la consonne finale.

Quelques remarques sont à présenter sur la phoné- Phonétique, tique.

A tonique latin — é français, normalement; cet è, dans quelques mots comme père, mère, mer, clair est devenu ouvert aujourd'hui, mais il s'y prononçait fermé jusqu'au xvme siècle. Aussi faut-il lire, dans les chansons plus récentes excepté, père, mère et non père, mère. La désinence des mots en ter (latin ariwri) est régulièrement monosyllabique ; mais dans une série de ces noms, par le groupement antécédent d'une muette et d'une liquide, avec c, g, d, t, la diphtongue il s'est dissociée; cette dissociation est inconnue à la vieille langue », et conséquemment à la langue populaire qui prononce toujours bou-clier, san-glier, mè-né-trier , cou-drier et non bou-cli-er, san-gli-er, mé-né-tri-er , cou-dri-er.

Eï tonique latin, qui persiste sous la forme e ou èi, dans les dialectes d'oc, les franco-provençaux, le catalan et le piémontais, a subi en oïl des modifications très diverses selon les temps et les lieux : en français, è = oi, prononcé par la société polie aux xvie et xvne siècles \ tout en évoluant dès le xve, dans le parler de la plèbe parisienne, en oua\ a qui est la prononciation moderne (la même évolution s'est d'ailleurs accomplie dans plu-

i. Régnier (1613) et La Fontaine, qui archaïse volontiers, font encore sanglier de deux syllabes {Poème d'Adonis, 1669).

2. La graphie mirouër est courante dans les livres du xvne siècle.

3. Cela résulte d'un vers d'une pièce en « jobelin » de François Villon où le verbe poire (pédere) rime en are.

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