‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 22 sur 160 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

ouïrai. Il arrive aussi, quand les deuxièmes personnes plurielles de l'indicatif présent ou du futur sont suivies du pronom vous, que la désinence verbale ez et le v initial tombent ensemble, de façon à éliminer la syllabe médiane : Av-ous? VouV-ous? Oy'-ous? pour Avez-vous? Voulez-vous? Oye^-vous? Ue muet final, immédiatement consécutif à une voyelle ou séparé d'elle par / mouillé, se supprime à volonté : ami , épe , filT, dépouilï , pour amie, épie, fille, dépouille. Je considère les formes abrégées pé[r], mé[r]\ qu'on rencontre quelquefois, comme rentrant dans cette loi générale, par l'intermédiaire de types, pée, mée, etc., propres à certains dialectes. Le pronom le, enclitique, s'il s'appuie à une voyelle atone, et notamment à la négative ne, perd aussi son e muet : faites-Tmoi, pour faites-le moi; ne F mettez, pour ne le mettez (déjà dans la versification médiévale, nel = ne le). Enfin, dans l'usage des trouvères aussi bien que des troubadours, le pronom féminin ele, quand il est proclitique, se présente souvent sous la forme monosyllabique el; cette forme-ci est absolument la seule admise par la poésie populaire : preuve que le peuple a toujours prononcé comme il fait maintenant : el dit, el fut et non pas e-le dit, e-le fut. Mais elle, enclitique, demeure dissyllabe : pour elle, dit-elle.

Au rebours de ces particularités qui ont sur le dis cours un effet abréviatif, voici une licence qui vise un but contraire. S'il est besoin à la rime ou à la césure d'un paroxyton, les vocables oxytoniques finissant en r ou /, peuvent recevoir un e muet additionnel : mère, voire, ore, cœure, chevale pour mer, voir, or, cœur, cheval : pro-

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