INTRODUCTION XXXIII
sonne se sous-entendent volontiers devant le verbe : L'aimerai, pour Je l'aimerai; A dit, ont dit, pour II a dit, ils ont dit. De même dans l'expression plurielle ce sont, l'explétif ce peut être omis : Sont trois tambours, pour ce sont trois tambours, N'est pas mon vin que je regrette, pour ce n'est pas mon vin, etc.. On remarque aussi souvent les inversions du sujet : A ajouté le plus petit, ce dit la plus jeune.
L'aire géographique de notre chanson française "com- Aire
prend la France d'oïl, la France doc, la Catalogne et le Seo8rap lclue Piémont, ces quatre grands départements d'un domaine unique : — la France, dans ses limites linguistiques et non politiques, c'est-à-dire avec la Belgique wallonne, la Suisse romande et le Canada français qu'on peut considérer comme un prolongement colonial de nos provinces de l'Ouest; il faut en excepter, par contre, dans le Nord, une petite enclave flamande autour d'Hazebrouck ; la Bretagne celtique, située à l'ouest d'une ligne tracée de la baie de Cancale à l'embouchure de la Loire ; les pays basques occupant l'angle sud-ouest et s'étendant par delà les Pyrénées; le Roussillon, dépendance de la Catalogne, et la Corse au dialecte italien, — la Catalogne, avec les îles Baléares, — le Piémont, comprenant le Piémont proprement dit, le Canavais et la Ligurie.
Dans les différentes parties de ce domaine, non seulement on retrouve les mêmes chansons, mais le rythme, les rimes, les vocables n'en sont souvent pas modifiés, en sont une traduction fidèle, qui se teinte
G. Doncieux. — Romancero populaire de la France. m