Bretagne; cf. Indét., Ostrevent, Catalogne A
19. Parisis -+- Pévèle (aussi); cf. Indét., Bretagne et Moncontour; Ostrevent et Catalogne B, C (mon fils Louis), Ossau (mes enfants petits) ; Pévèle dit « mon f. George ».
20. Parisis -\- Bretagne (Va dire...); cf. Cat. A. D'après Bretagne, « mon cousin Guillaume », au lieu de quoi La Villemarqué a conjecturé « m. c. Vendôme ».
Parisis conclut par un vers narratif, fort plat, que je ne crois pas original :
Pas plus tôt dit[e] la parole que monsieur de Guise arrivit. La Villemarqué, dans une variante de Bretagne, termine le discours du Roi par cette phrase chevaleresque :
Quant à mon bon peuple de France, point ne veux de charge sur lui! vers assurément fabriqué, d'autant qu'il est en contradiction avec le ton satirique de toute la pièce : on y sent une main lettrée et royaliste, disons celle de l'auteur du Bar%a%- Brei%.
La Prison du roi François est un de ces rares monuments de la littérature populaire qu'on peut dater avec une entière précision. Cette chanson, faite à propos de la captivité de François Ier, est nécessairement, antérieure à sa rentrée dans le royaume, qui eut lieu le 17 mars 1526; d'autre part, elle dut précéder de peu le traité de Madrid, dont le vers 19 énonce par anticipation l'un des principaux articles, savoir la livraison
en otage des deux fils de France; or le traité, signé le 14 janvier, fut publié dans Paris à la mi-février; mais déjà avant cette date, la population y était au courant des conditions de la paix, par les rapports des magistrats du Parlement qui la négociaient en Espagne. Ainsi la naissance de la chanson paraît tomber dans les dernières semaines de Fan 1525. Il n'y a pas de doute qu'elle soit parisienne (le postillon vient de Paris; le roi demande ce qu'on dit de lui à Paris; il veut qu'on prenne de l'or à Saint- Denis...), et, ce semble, d'un Parisien assez bien instruit des choses et des personnes de la Cour.
La mention de la Reine mère, régente du royaume, d'Anne de Montmorency, l'homme de confiance du Roi % de Claude de Guise, son cousin par les femmes et l'un des plus importants personnages du conseil de régence, celle du Dauphin et de son frère cadet Henri (d'Orléans) 2, tout cela est historiquement exact. Et maint autre détail de même. Il paraît bien que François Ier, à Pavie, pensa d'abord n'être point reconnu, sous la visière baissée de son casque, par les Impériaux qui le pressaient. Il est vrai encore que la chambre où il fut incarcéré, dans une tour du château de Madrid, était fort étroite, éclairée par une seule fenêtre. L'ordre qu'on feint' qu'il donne, de lui amener le Dauphin et le petit Henri, traduit fidèlement une des clauses réelles du traité de paix. S'il enjoint, dans la chanson, de battre monnaie aux quatre coins de Paris, c'est là une façon de parler ; mais nous savons qu'avant la fin de 1525, en réponse aux exigences de Charles-Quint, qui prétendait obstinément la cession de la Bourgogne, le Roi lui fit offrir plusieurs fois par ses négociateurs l'énorme rançon de trois millions d'écus d'or 5.
1. Fait prisonnier à Pavie; mais relâché ensuite contre rançon, il était rentré en France pendant la captivité du roi, et s'employait aux négociations de la paix.
2. Henri II, qui, par le prédécès de l'aîné, succéda à François Ier.
3. Cette indemnité, réduite à 2 millions, fut effectivement stipulée, et, pour la plus grande part, payée à l'Empereur en espèces d'or; mais trois ans plus tard, après de nouvelles hostilités provoquées par l'inexécution des con-
Enfin, l'histoire est ici partout reconnaissable, quoique travestie à la guise populaire, et avec un évident parti pris de dénigrement. Car notre chanson est bien, selon l'intitulé du chansonnier Maurepas, une pièce satirique. Toute l'infortune de François Ier y est prise au burlesque : nul respect de la bravoure qu'il déploya dans la bataille, nulle compassion pour les grandes souffrances qu'il endura. Ce prince qui part le dimanche pour se faire prendre le lundi, qui joue, afin d'échapper, le personnage d'un pauvre gentilhomme vagabond, qui ne songe au royaume de France que pour lui faire suer tout l'or de sa rançon, apparaît là comme un monarque dérisoire, un misérable étourdi, de cœur vain et de piteuse mine. Le refrain même semble accentuer la moquerie. « Vive Louis ! », en 1525, ne pouvait s'entendre que du cousin et prédécesseur de François Ier, le populaire Louis XII, le Père du peuple : il est possible qu'un tel refrain soit emprunté tout simplement à quelque chanson du précédent règne; mais qui sait si dans l'invention ou dans le choix de ce vivat, il n'est pas entré aussi une intention sarcastique? « Vive Louis! » sonnerait ici comme « A bas François ! » On sait, au surplus, qu'après le désastre de Pavie Paris demeura fort hostile au roi. En somme, le Parisien qui composa, l'an 1525, cette chanson que des paysans répètent encore aujourd'hui, sans la comprendre, à tous les bouts de la France, c'était un opposant, un « Bourbonnais » ; un aïeul des faiseurs de mazarinades; un ancêtre de Béranger.
ditions du traité de Madrid, et en vertu du traité de Cambrai (5 août, 1529) qui y mit fin.
France {oïl et oc)
Indéterminé i : Vve Valleyre [édit.], Nouveaux Cantiques..., Paris, av. permission de réimprimer en date de 1748.
=== Une version, berrichonne, rec. en 1857 par R. de Laugardière, Poés. pop. de la France, I, mss. B. N., n'est rien de plus qu'une copie de ce texte x.
Indéterminé 2 : Poés. pop. de la France, I, mss. B. N., réd. 1855, (version presque identique à la précédente). — Publ. par M. Sepet, Bibl. de F École des Chartes, XXXX.
Limousin : Ibid., I, r. 1855. — Publ. par Dumuys, Le Chant de la Passion dans la Sologne orléanaise.
Anjou : Jos. Pineau, ibid., IV, r. 1855.
Preuilly (Cher) : R. de Laugardière, ibid., I, r. 1857. — Publ. par Dumuys, Le Chant de la Passion, etc.
*Provence : Arbaud, Chants pop. de la Provence, II, 1864.
Bourgogne [fragm.] : Ch. Nisard, Des Chansons populaires, I, 1867.
Sainte-Eulalie (Ardéche) : Smith, Roinanîa, II, 1873.
Lorraine : Estre, Lo pîa Ernwnèk lourain po 18 '79.
Saint-Dié (Vosges) : Lootens-Feys, Chants pop. flamands (notes),
1. Indéterminé 1 (ensemble Indét. 2, qui dérive d'un texte similaire) est une version remaniée par une main cléricale : la complainte populaire, devenue « cantique spirituel », a été expurgée de plusieurs traits naïfs jugés hétérodoxes, et notablement amplifiée : outre la Passion proprement dite, il y est parlé de la descente de croix, de la mise au tombeau et de la résurrection.
Ligny-le-Ribault : ) Dumuys, Le Chant de la Passion dans la Sologne
Anais (Charente) : ( orléanaise, 1881.
La Hague [fragm.] : Fleury, Lltt. orale de la Basse-Normandie, 1883.
Argentré : Decombe, Chans. pop. d'I Ile-et-Vilaine, 1884.
Coutances [fragm.] : Le Héricher, Litt. pop. de la Normandie, 1885.
Hte-Bretagne : Sébillot, Coutumespop. delà Hante-Bretagne, 1886.
Loutehel (Ille-et-Vilaine) : Orain, Glossaire patois du département d'Ille-et-Vilaine, 1886.
Bain (id.), fragm. : Id., Mélusine, III, 1886.
Niort (Deux-Sèvres) : Desaivre, Les Chants pop. des Rois en Poitou,
*Sérignac (Lot) : Daymard, Vieux Chants pop . rec. en Ouercy, 1889.
*Chalosse (Landes) : [Foix], Poésie pop. landaise, 1890.
Hervé (Belgique) : Doutrepont, Mélusine, V, 1890.
Lierneux (id.) : Id., d'après Lemaire, ibid.,V, 1890, (en variante de la version précédente).
*Albret : Dardy, Anthologie pop. de VAlbret, I, 1891.
Corrèze : Plantadis, Écho de la Corrè\e, 1893 (traduction française d'un texte dialectal).
*Lubersac (Corrèze), fragm. : Lemovix (pseudonyme), ibid., 1893.
Boin : Trébucq, La Chanson pop. en Vendée, 1896.
Chamonix (Hte-Savoie) : J. Favre, inédit, r. 1896.
Dol (Ille-et- Vilaine) : Duine, Aun. de Bretagne, XIV, 1898.
Piémont
Montferrat : Ferraro, Cantipop. monferrini (n° 108), 1870. Turin [fragm.] : Nigra, Cantipop. del Piemonte (n° 153), 1888 l.
FORMULE RYTHMiaUE
Complainte. Vers de 14 syl. = 8 -f- 6, féminins, uniformément assonances en an -\- e; généralement groupés deux à deux par la mélodie.
1 . Ces morceaux sont quasi informes quant au rythme, et d'un sens très confus ; on y reconnaît néanmoins une dizaine d'hémistiches empruntés à la complainte française.
TEXTE CRITIQUE
1 La Passion du dous Jésus, qu'est moult triste et dolente, Ecoutez-la, petits et grans, s'il vous plaît de l'entendre !
3 II a marché sept ans déchaus, pour faire pénitence. Il a jeûné quarante jours sans prendre soutenance ;
5 Au bout de ces quarante jours, il a bien voulu prendre Du pain bénit, deux doits de vin, une pomme d'orange :
7 Encore n'a-t-il pas tout pris, en fit part à ses anges. Il entra dans Jérusalem par un jour de dimanche;
1. Indu. 2, Lorraine, Hervé, Anais, Bretagne, Dol, Loutehel, Coûtâmes, Bourgogne -\- Chalosse (qu'e. bien tr. et d.), Sérignac (qu'e. tant tr. et d.), Niort (bien tr. et bien d.), Anais (...est moult d.); cf. Limousin, Hague, Albret, etc.
2. Chalosse, Limousin, Lubersac, Bretagne, etc. -f- Hervé, Sainte-Eulalie, Lorraine, Inde't. 1 ; cf. Hague, Provence, Loutehel, etc.
2. Lorraine, Saint-Dié (...a été...), Lierneux (...est allé...), Chaïoss, (...pies nus ...p. notre p.); cf. pour le Ier hémistiche, Limousin, Niort, Bourgogne et Anais ; pour le 2e, Anjou, Chamonix, etc.
4. Indèt. 1 et 2, Provence, Montferrat, etc. ; Hague, etc. (... de substance), Hervé (...aucun' subst.), Chalosse {...s. jamais pr. subst.); cf. Anjou, Argentré, Bain, Bourgogne, etc.