Fraisses, Beausac, Yssingeaux
23. Fraisses, Dunières, Yssingeaux; cf. Lozère et Ouercy, Marlhes, Provence 1 et 2, etc.
24. Beausac -f- Provence 1, Lozère et Quercy, Montaldo -f- Roche; cf. Valjenera (sa spadinha); Yssingeaux (son sabre) ; Provence 2, Fraisses, Chamalières (s. poignard), Marlhes (un coup de pistolet).
Suit, dans les versions du Velay et du Forez, une finale incohérente, empruntée à un couplet du Roi Renaud.
TRADUCTION
Ce sont trois frères, ont une sœur à marier. 2 L'ont mariée [à] cinquante lieues delà [la] mer.
Lui ont donné un homme le plus méchant de ce pays.
4 L'a tant battue avec un bâton de vert-buis,
[Que] le sang lui raye l de la tête jusqu'aux talons ; 6 Et [ilj le lui recueille dans une tasse de laiton : « Voilà, vilaine, voilà le vin que tu boiras î » 8 — « Dites, mon homme, un don [je] voudrais vous demander
J'ai une chemise, me la lairriez [-vous] aller laver ? » 10 — « Allez, vilaine, prenez garde de trop parler! »
[Ne] fut pas à l'eau, a vu venir trois cavaliers : 12 « Semblent mes frères, le plus petit est le premier. »
— « Dis [-moi], servante, où est la dame du château ? » 14 — « [Ne] suis pas servante, je suis la dame du château. »
— « O ma sœurette, où a passé votre beauté ? »
16 — « Les coups de verge, les coups de bâton l'ont [en]levée. »
— « O ma sœurette, où est allé votre mari ? »
18 — « [II] est allé en chasse, n'en tardera pas de [re]venir. »
— « N'est pas allé en chasse, ses trois chiens blancs, ils sont ici. 20 O ma sœurette, donnez-nous les clés du logis ! »
[Si] le plus jeune a pris les clés à son côté ; 22 De chambre en chambre, à la plus haute il a monté;
De chambre en chambre, à la plus haute l'a trouvé, 24 A pris son épée, le coup de la mort lui a donné.
La chanson de la Maumariée vengée par ses frères (fin du xvie ou commencement du xvir2 siècle) ne se rencontre que dans la France du Midi et en Piémont. Nonobstant les formes francisées, recueillies dans le Velay et le Forez, elle a été composée dans un dialecte d'oc, et le vers 2 paraît indiquer une population voisine de la mer. Le texte de la chanson a été établi ici en provençal, quoiqu'on manque d'éléments pour décider si elle est née sur la rive gauche ou la rive droite du Rhône.