‹ Le romant de Jehan de Paris, roy de FranceChapitre 15 sur 40 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

lements, dans sa vaisselle et dans ses équipages, fi

Si affirmatives que fussent toutes ces conclusions, et si constant que fût leur accord, une raison s'élevait déjà contre elles : c'est qu'il est impossible d'admettre que ce soit pour se moquer de quelqu'un qu'on s'allie par mariage à sa famille. On peut faire une sottise personnelle^ mais on ne se moque pasde son beau-père pourcela ; ce n'est donc pas l'Espagne qui est le but de la raillerie du roman. En même temps, si l'on se moque de quelqu'un dans le roman, c'est uniquetment du prétendant évincé, c'est-à-dire du jroi d'Angleterre, et non pas du roi d'Espa- Igne. Il y avait déjà de quoi réfléchir, et même, par incidence et sans s'en occuper à fond, quelques autres ne s'y étaient pas trompés.

L\uTEUR de l'article imprimé dans les Mélanges tirés d 'une grande bibliothèque^ c'est-à-dire un des collaborateurs de m . de Paulmy, en faisant remarquer avec justesse que « dans ce roman d'une simplicité apparente se trouve un fond de malice qui le rend tout à fait piquant», et aussi qu'avec une intrigue aussi simple a il consiste tout entier dans une scène de plaisanterie filée pendant cinquante à soixante pages», ajoute, avec un sentiment juste du caractère gêné-

PREFACE. XXIIf

rai : o L'auteur vivait apparemment au| xv« siècle (i). »

Plus tard M. Villemain, dans son cours sur la littérature du moyen âge, ne s'y est pas plus trompé. Dans une de ses leçons (i83o, II, 3oo-'i) il a parlé rapidement de Jean de Paris; pour lui jet précisément peut-être parce qu il n'avait fait que le lire, on s'y moque des Anglais, et l'œuvre est du xvc siècle, ce qui est la vérité (2). CestToutrepasser que de dire, comme l'a fait M. Charles Nisard, dans son curieux ouvrage sur les livres populaires (3), que « son auteur vivait dans le milieu du xv« siéle. »

En érudition comme en politique, il y a quelquefois danger à être plus royaliste que le roi.

En somme, ce qui résulte decesdernières appréciations, c'est que, pour de bons esprits, le sentiment du xv« siècle résultait de la 11 simple lecture, et cette opinion plus instinc- j tive que raisonnée, et par là d'autant plus consiaérable, a reçu bientôt une confirmation matérielle qui reste définitive.

(i) L'article signé M danslaiVottve/Ze bibliothèque universelle des romans (i" année, tome III, 1 5 fructidor an VI^ p. 1-32), n*est qu'une nnauvaise ana- Wse de l'article des Mélanges tirés d'une grande Bibliothèque qui arrange le récit beaucoup trop à la moderne.

(2} Dans un article publié dans le Journal de Vinstruction publique du 18 juillet i8ô3, par M. Vignier.

(3) Deuxième édition, 1864, in-12, II, 398-408.

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