PREFACE. XI
inconnue. Il suit aussi de là que le prétendant ne peut que mal finir, et aussi que notre auteur, enr bon Français , choisit pour ce rôle ridicule le roi d'Angleterre.
Celui-ci, voulant se marier, s'est décidé, sur les éloges qu'il en entend faire, à demander la princesse; elle lui est accordée, et le comte de Lancastre l'épouse au nom de son maître.
Mais le roi est vieux, et, cémme on lui rapporte secrètement qu'à cause de cela la fille ne prend pas plaisir au mariage, — il
f)araît que c'était un roi à qui l'on disait a vérité, — il veut, avant de la voir, et de peur de ne pas trouver dans son pays d'assez beaux draps d'or et d'assez fins )oyaux, passer par Paris, la ville des élégances, pour acheter de quoi se faire bien venir et se faire à moitié oublier : juste modestie qui est peut-être encore augmentée par l'amour du plancher des vaches et la méfiance de la grande mer.
Il arrive donc à Paris avec une suite de quatre-vingts chevaux, escorte assez mince et qui sent son ménager. Après son entrée il va voir la régente, sans rencontrer le jeune Roi de France, qui chasse le sanglier à Vincennes; et, poussé par cette grande affection des vieillards a qui sont incontia nent bridés, » il ne cesse, à souper, de vanter la beauté et le grand sens de la jeune fille, sans se douter, le malheureux, qu'il rappelle à la reine la promesse de son