PREFACE. IX
a revu, a pour auteur Godard d'Aucour; | les paroles sont d'une naïveté qui désarme^ mais je n'apprendrai à personne que la musique est une des œuvres les plus charmantes de Boïeldieu. C'est en î^œt qu'il fut représenté avec le succès que Ton fÇ^i^ sait, et nous avons tous entendu nos pères nous parler avec admiration de la manière dont Martin, chargé du rôle du Sénéchal^ chantait Tair, devenu classique :
C'est la princesf e de Navarre Que je vous annonce en ces lieux.
Notre génération a pu juger de son effet pour l'avoir entendu dire à Stockhausen, un chanteur allemand dont le souvenir, avant un succès plus grand encore dans son
Î>a)^s, s'était déjà conservé en France pour a façon pleine de style avec laquelle, dans les concerts et à une des reprises de la pièce, il rendait la pompe et la majesté de ce bel air, plein de clarté et de noblesse. Il est même singulier que la valeur du roman se concentre sur le splendide apparat d'un cortège, et que le meilleur air de la partition, qui ne se rapporte plus au vrai personnage principal, soit précisément ins-
{)iré par ce même sentiment, transporté à 'annonce de l'entrée de l'héroïne. Mais ces souvenirs modernes nous éloignent du vieux roman, auquel nous revenons, et nous ne pouvons mieux faire que de commencer par l'étudier dans sa forme originale.
PRéFACS.
Les premiers chapitres ne font en réalité que poser les prémisses de Faction.
Le roi d'Espagne vient à la cour de France demander du secours contre ses sujets, qui tiennent sa femme assiégée. Des lettres du Roi de France n'ayant obtenu des révoltés qu'une réponse insultante, il marche contre eux, et, le populaire lui ayant crié merci, il se contente de punir les chefs comme les plus coupables. Quand il va retourner à Paris, le roi et la reine d'Espagne, déjèi vieux et inquiets de l^avenir de leur fille encore au berceau, la lui recommandent; il les assure, si Dieu lui prête vie, et bien qu'ils s'en défendent par modestie, que leur fille n'aura d'autre mari que son fils unique Jean, alors âgé de trois ans. Après cette promesse bien hâtive et qui finit par s'oublier, le roi de France meurt, la reine sa femme prend la régence, le petit Jean vient sur ses dix-huit à vingt ans, et la fillette sur ses quinze.
C'est à la suite de ce prologue que va s'engager l'action. Comme elle doit forcément en venir au mariage des deux enfants, il est naturel qu'elle commence par le f)rojetd*un autre mariage, nécessaire pour aire penser le petit roi Jean à sa fiancée