AVES
nalité que nous aimons, eux la ressentaient comme un défi. Is l’aperçurent donc presque immédiatement.
Et d’ailleurs le style de ces drames et de ces comédies aurait suffi à mettre en défiance les hommes du Cénacle, dès la première livraison du Spectacle. Is y trouvaient pourtant du théâtre en vers (93). Mais comment cette poësie les eût-eile séduits? Hugo leur avait donné, à diverses reprises (94), un modèle de ce que devait être le vers dramatique : habile à peindre et à faire voir, riche d'images, gonflé de pittoresque, souple autant que la prose, pour laisser aux spectateurs une impression de vérité, donc peuplé de rejets, d’enjambements. Mais la cadence alors risque de s’évanouir, et c’est ce qu'Hugo ne veut point. Pour parer à ce danger, on aura recours à la rime riche (95). Ces trois qualités : pittoresque, souplesse, richesse des rimes, Musset, dans le Spectacle, les dédaigne. Sans doute son vers se permet parfois des audaces; il arrive qu’il se prolonge sur le vers suivant (96), que la césure s’y déplace de façon imprévue (97). Mais sa poétique tend, avant tout, à la musique, et à la musique la plus régulière. Ainsi dans À quoi rêvent, cette scène où les deux sœurs disent leurs émois en une sorte de chant alterné (98) :