‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 132 sur 356 · Brlefwechsel, II · texte numérisé non relu

Brlefwechsel, II

s’expliquerait qu’on puisse en trouver le reflet dans la lettre de Varñhagen à Bentheim et dans la correspondance datée de Teplitz. Quant à la lettre de Varnhagen à Uhland, elle est beaucoup plus explicite et montre un Beethoven sensiblement différent du premier. Or, cette lettre est bien postérieure au séjour à Teplitz, puisqu'elle date de fin décembre 1811. On peut admettre que, dans l’intervalle, Varnhagen avait réfléchi, clarifié et cristallisé ses impressions. Mais peut-être aussi avait-1l reçu des confidences et subi quelque influence de Clemens Brentano qui se trouvait à Teplitz en même temps que lui (**) et dont il fit la connaissance à cette occasion (°°). De plus, Brentano passa à Prague l’automne et l’hiver suivants. La correspondance de Varnhagen indique que Brentano lui rendait visite quotidiennement, du moins au début de son séjour, et l’entretenait inlassablement de sa vie passée et de ses projets d'avenir. Une lettre adressée, le 24 octobre 1811, par Varnhagen à Rahel expose ces détails et ajoute :

« Brentano aime beaucoup Beethoven, Bettina le compte au nombre des gens qui lui sont le plus chers » (5%,

Nous ne saurons sans doute jamais si, dès cette époque, Bettina avait de Beethoven une autre conception que celle qu’elle avait indiquée à Bihler un an auparavant et si, dans ce délai, le Beethoven de ses romans épistolaires futurs avait germé dans son esprit. Mais l’indication de cette lettre permet, malgré son imprécision, de voir en Brentano un intermédiaire qui a pu faire part à Varnhagen de l'enthousiasme de sa sœur (°°).

L'influence de Bettina, si elle a été transmise à Varnhagen par Brentano, n’aura d’ailleurs servi qu’à préciser chez celui-ci un certain nombre d’idées que les romantiques avaient déjà répandues dans l’air et que Varnhagen connaissait aussi bien que Bettina et que Brentano lui-même. Dès la période berlinoise de sa jeunesse (1803-1804), les Mémoires de Varnhagen citent, parmi ses relations, Chamisso, Fichte, Hitzig, Koreff, Kleist, et indiquent des lectures de Schleiermacher, de Tieck et de W. Schlegel (**). Au cercle de ces relations romantiques viendra, un peu

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