Denkwiürdigkheiten 1837, IL, 25-66, passim
plus tard, s’adjoindre Fouqué. On peut donc conclure que, dès 1811, Varnhagen était nécessairement déjà très au courant des idées lancées par les poètes, les théoriciens et les philosophes romantiques. Il n’est pas étonnant que la façon dont il a vu Beethoven en ait été influencée.
Le Beethoven de Varnhagen mérite bien d’être placé à côté de celui de Bettina, dont il pourrait n'être que le reflet ou la préfiguration. Mais Varnhagen, qui n’était pas musicien et n'avait pas la prétention de l'être, qui peut-être aussi avait un tempérament moins enthousiaste, s’est beaucoup moins avancé que Bettina et a été beaucoup moins catégorique. Il a vu en Beethoven un prêtre ou un mage, en contact avec le divin qui l’inspire directement et qui n’est accessible aux mortels que par son intermédiaire. Mais il n’a vu en lui ni un prophète qui devance l’évolution de l’humanité, ni un artiste dont l'originalité s’écarte des formes artistiques consacrées par la tradition. Par sentiment de son incompétence musicale ou par modestie, il s,est contenté de tracer de Beethoven une silhouette pittoresque et d'indiquer, avec un enthousiasme qui ne paraît nullement feint, mais qui reste moins exubérant que celui de Bettina, l'impression grandiose qu'avait produite sur lui Beethoven au piano. Dans l’ensemble des opinions romantiques sur Beethoven, Varnhagen représente l’auditeur sensible et sans préjugés, dépourvu d'éducation spécialement musicale, qui exprime le sentiment fatalement un peu confus éveillé en lui par un génie artistique et fait naturellement intervenir dans sa façon de la décrire les habitudes de pensée et de style qu’il tient de son époque, de son éducation et de ses relations avec les jeunes porte-parole des idées nouvelles.
La Presse
On peut s’attendre à trouver dans les appréciations portées sur Beethoven par la presse contemporaine le reflet des idées générales que l’examen des articles consacrés à des questions théoriques ou esthétiques a permis de dégager. À travers la masse innombrable des comptes-rendus qui lui sont consacrés vont se constituer peu à peu les traits principaux d’un Beethoven romantique analogue à celui de Hoffmann, de Bettina ou des autres écrivains qui se sont occupés de lui.