‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 137 sur 356 · Tbid., n° 23, col · texte numérisé non relu

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sont nécessaires pour justifier, par la présence d’une idée fondamentale dans l’œuvre d’art, l’emploi des procédés de composition découverts par Haydn et Mozart.

Beethoven est donc présenté ici comme un musicien romantique ou fantastique, c’est-à-dire qui obéit surtout à son imagination. Ce romantisme est expressif, car d’un côté l’imagination de Beethoven s’abandonne au sentiment et, d’autre part, puisque l’art de l’époque vise à produire une impression totale ou d'ensemble, les œuvres d’art doivent être dominées par une idée fondamentale. Ce romantisme expressif est présenté comme remontant à Haydn ou à Mozart, qui ont rompu avec les procédés exclusivement rationalistes et fait intervenir l’imagination dans l’art musical. Le malheur a été que l’imagination a sans cesse augmenté son influence et est parvenue à une prépondérance abusive, qui met en danger la forme, élément essentiel de l’œuvre: d'Art

On relèverait ailleurs encore l’opinion que Beethoven est un modèle dangereux à imiter. Dans la Gazette de Leipzig, en avril 1818, un correspondant de Vienne, rendant compte de l'exécution d’une symphonie de Weïse, reproche à l’auteur d’avoir cherché à imiter Beethoven, dont l’originalité puissante est un mauvais guide. Il faut se garder de ra comme modèle une

nature aussi étrange, que l'imitation ne pourra jamais atteindre ('*).

Au mois d’octobre 1818, un article anonyme consacré à Beethoven dans la revue viennoise Janus découvre quelques traits romantiques non dans sa musique, mais dans sa personnalité (“). L'auteur commence par comparer Beethoven à Eschyle, Mozart à Sophocle, Haydn à Euripide, sans étayer d’ailleurs son affirmation de la moindre démonstration. Suit une caractéristique de la personnalité de Beethoven (**). Dans la deuxième partie de l’article paraît, sans doute pour la première fois, la division de la production de Beethoven en trois périodes, la deuxième étant d’ailleurs considérée comme allant de l’op. 40 à l’op. 60 et la troisième comme commençant avec la Cinquième sympho-

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