‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 173 sur 356 · Dramaturgischer Beobachter, Vienne, II, n · texte numérisé non relu

Dramaturgischer Beobachter, Vienne, II, n

tefois que les vrais connaisseurs préféreront la Septième symphonie, car « Les Brigands de Schiller sont une chose, mais Wallenstein et Guillaume Tell en sont une autre » (°°°).

La comparaison littéraire montre fort bien la différence que l’auteur du compte-rendu fait entre les deux œuvres de Beethoven qui voisinaient sur le programme. Comme le drame de jeunesse de Schiller, la Bataille est jugée pleine d’une vie ardente et tumultueuse. La symphonie, par contre, est une véritable œuvre de maturité, profonde et pleine comme les plus beaux drames de la dernière période de Schiller.

Au mois d'avril 1814, le correspondant munichois de la Gazette de Leipzig, rendant compte de l’exécution de la Bataille, la juge comme une simple œuvre de circonstance, pour laquelle Beethoven n’a pas fait grand effort. Elle ne fait que décrire matériellement la bataille, tandis qu’une œuvre de Winter, précédemment exécutée, en exprime l'esprit (*’). L'esprit et la matière. Le jugement de Hoffmann n’aurait sans doute pas été différent, du moins en ce qui concerne l’œuvre de Beethoven.

En avril 1816, après avoir analysé la Bataille dont la partition venait d’être éditée, le critique de la Gazette conclut qu’il est inutile d’instituer à ce propos une discussion sur le principe de la peinture musicale et qu’on ne peut imaginer d'œuvre « plus fidèle à la nature » (***). Lui non plus ne paraît pas très chaud partisan de la musique descriptive ou pittoresque.

La Bataille de Beethoven n’est d’ailleurs pas la seule à avoir figuré, à cette époque, sur les programmes des concerts. Ce genre de composition semble avoir été alors assez à la mode. Un compte-rendu de l’activité musicale viennoise, paru dans la Gazette de Leipzig en 1817, cite comme ayant été exécutés pendant le seul mois de mars : un « tableau musical » intitulé La destructhion d'Alger, ville de pirates, par Ferdinand Kauer; une fantaisie pour piano de Steibelt, La destruction de Moscou, arrangée pour grand orchestre par G. Heidenreich; du même Heidenreich, un autre « tableau musical » : La bataille d’Aspern. Cette dernière œuvre était jugée « très bien, pour ce que cela doit être ». Mais, ajoute le compte-rendu, « le critique tient énormément à ses oreilles et ne peut, une fois pour toutes, trouver le moindre intérêt à tout ce fracas » (!**).

Page 1