‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 174 sur 356 · AMZI,, XVIII, n° 15, col · texte numérisé non relu

AMZI,, XVIII, n° 15, col

133. AMZI,, XIX, n° 18, col. 305-306. — On trouve la critique d’une Bataille d'A boukir pour piano, violon et violoncelle, de Ferd. Kauer, dans AMZL, IIL, 30, col. 506-507. — Sur la mode de la musique descriptive à la fin du xvirre siècle et au commencement du x1x°, cf. TDR, III, 99 et suiv.

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Malgré la mode et le succès généralement remporté par la Bataille de Vittoria auprès du public, la critique n’a pas, dans son ensemble, placé très haut cette œuvre de circonstance. Elle lui a reproché de s’en tenir à la grossière imitation de bruits de bataille (**) au lieu de faire exprimer à la musique des passions ou des mouvements de l'âme. On peut considérer ces critiques comme procédant d’un point de vue romantique : la conception romantique de la musique rejette la peinture sonore ou la musique descriptive, pour elle la seule musique véritable est celle qui suggère l'infini ou l’absolu, ou celle qui exprime nos sentiments.

La Huitième symphonie, exécutée pour la première fois à Vienne le 2 février 1814, presque en même temps que la Septième et que la Bataille de Vittoria, n’a pas, à son apparition, mis la critique en émoi. La Gazette de Leipzig du 16 février constate qu'elle n’a pas eu grand succès, peut-être à cause du voisinage de la Septième symphonie qui la précédait.

C’est seulement en 1818 que la première étude détaillée de la Huitième paraît dans la Gazette musicale de Vienne à l’occasion ce la publication de la partition. Beethoven y est comparé à Amphion et sa symphonie à Minerve, qui « n’a pu sortir que du cerveau d’un dieu » (1°).

Dans le premier allegro, l’auteur du compte-rendu voit une sorte de bataille entre les divers instruments pour la possession d’un motif dont chacun veut s'emparer (Certains instruments sont doués d’un caractère particulier. Aïnsi les flûtes et les clarinettes sont envieuses des violons, qui finissent pourtant par faire triompher leurs droits antérieurs (*). L’allegretto scherzando suggère toute une scène, un « tableau sonore » représentant les ébats de jeunes gens en pleine nature (*?).

L'influence romantique se montre dans ia comparaison de Beethoven avec Jupiter engendrant Minerve et surtout avec Amphion. Elle est certaine aussi dans l'interprétation expressive des « tableaux sonores » de la symphonie.

134. Dans AMZI,, XXII, n° 20, col. 339, un correspondant berlinois signale même une exécution de la Bataille de Vitloria dans la salle du Hoÿjäger, au Tiergarten, avec « coups de canon au natuïel ».

135. « Jede Seite beynahe liefert..…. neue Beweise von den hohen Talenten dieses Amphion unserer Zeit. Eine Riesenarbeït... die, nicht geboren — erschafjen waxd, und — gleich Minerven — nur dem Gehirne eines Gottes entspringen konnte » (4llgem. musikal. Zeitung, Vienne, 1818, n° 3, col. 17-18).

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