AMZI,, XXVIII, n° 30, col
239. « Kein Tonkünstier hat dergleichen gegeben; denn keiner wurde so von der Welt immer mehr losgebunden, von Liebe und Hass, Bewunderung und Kälte der Gesellschaft so mehr und mehr geschieden und in sich verschlossen, als Er, der gottheseligte Ein- Siedler.. Man muss sich in den träumerischen Dehnungen der Klänge selbst mit verlieren, um die Seelensprache des Sängers zu verstehen » (BAMZ, 1827, n° 46, 373).
En 1828, Marx analyse aussi, dans ia même revue, le Quintette en ut op. 29, pour deux violons, deux altos et violoncelle, récemment édité par Schlesinger. [1 trouve dans le premier mouvement des sonorités « mystérieuses, où l’âme pense s’enfoncer comme le regard dans un calme lac de montagne », et cherche, d’une façon générale, à mettre en valeur les éléments expressifs de l’œuvre (*“!).
En 1828 également, Rochlitz signe, dans la Gazette de Leipzig, une longue analyse du Quatuor en ut dièze op. 131. Il indique au début combien il est délicat de parler maintenant des dernières grandes œuvres de Beethoven, car les bizarreries n’y manquent pas et on risque, en attirant l’attention sur elles, de diminuer l'enthousiasme des auditeurs de bonne volonté. Il insiste sur l'originalité profonde des dernières compositions, qui demandent, pour être comprises, un véritable travail et devraient être abandonnées par ceux pour qui la musique ne constitue qu’un passe-temps. Beethoven est un héros, il a dépassé et précédé son époque (**).
Cette dernière formule est à retenir. Elle est caractéristique de la conception romantique de Rochlitz. C’est presque textuellement celle qu’emploiera plus tard Bettina dans sa lettre à Gæthe.
A la fin de la même année, Marx publie dans la Gazette musicale de Berlin une critique des deux quatuors op. 132 et op. 135. 11 insiste d’abord sur les difficultés de tout ordre qu’offrent ces deux œuvres si originales, puis déclare qu’elles ont une liberté d’allure comparable à celle des œuvres de Bach. Leurs quatre parties ne représentent pas quatre artistes réunis pour réjouir les auditeurs, mais « quatre esprits créateurs profondément émus qui s'élèvent, magnifiquement libres et pris d’une sympathie mutuelle merveilleuse, dans un quadruple embrassement fraternel ».
Les quatre instruments déversent sur l’auditeur « une mer de sentiment » où s’ébattent des êtres divers, un flot d’effusions du maître séparé des hommes par sa surdité. Le sentiment de l’auditeur est troublé par cette surabondance, comme on peut l’être devant certaines toiles de Rubens. Heinrich von Kleist est le poète moderne qui donne le mieux l’impression d’un jaillissement comparable à celui-là, par exemple dans le personnage du comte de Strahl, dans Käthchen von Heilbronn. Le peintre et le
240, BAM, 1828, n° 47, 440.