TDR, II, 219 et suiv
semble bien avoir attaché une importance particulière, car 1l l’a utilisé quatre fois dans des œuvres diverses. Ce final, destiné à accompagner l'expression scénique et chorégraphique du triomphe du Titan qui a réussi à donner la vie à ses créatures, fait entendre un motif léger, très dansant
Ce motif n’a rien de prométhéen, au sens que nous donnons à ce terme. Il n’exprime ni la révolte, ni même l’énergie tendue, mais tout simplement l’allégresse, ainsi qu’il convient à un final de ballet. Or on le retrouve sans changement notable et dans la même tonalité de mi bémol majeur au final de la Symphonie héroïque, où il n’est pas téméraire de penser qu’il doit représenter la joie du héros vainqueur des obstacles. Il constitue en outre la septième pièce d’un recueil de Douze contredanses et sert de thème aux Variations op. 35. On peut penser que toutes ces œuvres ont été écrites entre les années 1801 et 1804; seules les Contredanses pourraient être un peu antérieures (°bis).
Mais même si le motif n’a pas été utilisé pour la première fois dans Prométhée, son introduction dans le final de ce ballet « héroïique et allégorique », comme dit l’affiche de la création, lui donne une signification non équivoque, que vient confirmer sa réapparition au final de la Symphonie héroïque. Cette signifcation n’est d’ailleurs pas le titanisme, mais la joie. Prométhée,
personnage principal d’un ballet, n’a pas inspiré à Beethoven de musique prométhéenne.
On peut à la rigueur assimiler à un Titan en révolte Coriolan, héros de l’égoisme et de l’ambition effrénée, finalement vaincu par d’autres considérations. L'ouverture que Beethoven écrivit, en 1807, pour le Coriolan de Collin exprime le contenu psychologique du drame à l’aide de deux motifs, l’un rythmique et impérieux, l’autre mélodique et d’allure sentimentale ou même suppliante. Elle s’achève sur une impression de tristesse, dans une sorte d’atmosphère lugubre, le premier motif ayant été peu