Ibid
le prélude à l’attaque du chœur imposera définitivement ut majeur qui règnera sur toute la partie chantée, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la Fantaisie (°*“).
La conception romantique du rôle de l’art n’est pas tout à fait absente des vers chantés par le chœur. On la trouve dans l’avantdernière strophe : « lorsqu'un esprit s’est élevé d’un coup d’aile, 1l entend sans cesse un chœur d’esprits ». Mais dans l’ensemble, c’est plutôt aux idées de Schiller devenu kantien et classique que se rattache la pièce. Le rôle de l’art et de la beauté, qui élèvent à une puissance supérieure les qualités morales des « belles âmes » et les rendent dignes de la faveur divine, correspond à celui que leur assigne Schiller dans certaines de ses œuvres poétiques ou
| philosophiques (75). C’est sur le plan de l’esthétique que vit l’humanité supérieure.
Ce n’est pas seulement à Schiller qu’il faut penser ici : le terme sde « belles âmes » a été employé aussi par Gœthe pour désigner la beauté morale d’une personnalité parvenue à l'équilibre harmonieux de son être intime (?’). On a enfin relevé une correspondance entre les vers du final de la Fantaisie et les idées qui inspirèrent Mozart et Schikaneder dans la Flûte enchantée et qui ressortissent au mysticisme maçonnique du dix-huitième siècle, de tendance libérale et internationale (?7).
Quelques-uns des lieder de Beethoven chantent aussi l’aspiration à la liberté, sans qu’on puisse toutefois établir un lien entre la musique qu’ils lui ont inspirée et celle des œuvres dont il vient d’être question. Il n’y a donc lieu d’insister ni sur L’homme libre, poésie de G. C. Pfeffel (?7*) ni sur L'homme de parole, poésie de F. A. Kleinschmidt (?7°), ni sur les lieder patriotiques A dieux aux citoyens de Vienne, au moment du départ des volontaires viennois (°°) et Chant de guerre des Autrichiens (**!), sur des poésies de Friedelberg, et Adieux du Guerrier, poésie de CT. Réssig-(7°)