LEON. — « O Gott ! o Gott ! welch ein Augenblick
FLOR. — « O unaussprechlich süsses Glück ! »
FERN. — « Gerecht, o Gott ! ist dein Gericht. »
Marz. und Rocco. — « Du prüfest, du verlässt uns nicht. »
(Fidelio, 258 et suiv.)
Le début de cet épisode est accompagné par une phrase mélodique de hautbois, dont le développement servira de support à tout le passage :
Cette phrase, à laquelle des commentateurs ont donné le nom de « mélodie de l’humanité », figure déjà, pour le même instrument et dans le même ton, dans une œuvre de jeunesse de Beethoven : la Cantate sur la mort de l’empereur Joseph II, composée à Bonn en 1790, où elle donne naissance à un développement presque identique à celui de Fidelio. Cet épisode fait suite à un air de basse qui glorifie Joseph d’avoir « écrasé la tête » du fanatisme. Un soprano solo, puis cinq voix solistes et finalement le chœur chantent ensuite :
« Alors les hommes montèrent vers la lumière, la terre tourna plus heureuse autour du soleil et le soleil lança les chauds rayons de la divinité » (21).
Dans un cas comme dans l’autre, Beethoven s’est servi de la même musique, sans changement important, pour exprimer un sentiment de joie grave et religieuse à propos d’une manifestation d’esprit libéral, de « despotisme éclairé » (°°).
C’est bien l’aspiration à la liberté qu’expriment les trois ouvertures de Léonore qui, par l’utilisation de motifs empruntés\ à l’œuvre, résument l’esprit du drame (**). Toutes trois, en ut majeur, se terminent par un développement joyeux et plein d’élan, que précèdent de brèves mais caractéristiques citations. La première en date, qui porte le n° 2(**), débute par une