Ibid
QT; « Da stiegen die Menschen ans Licht, da dtehte sich glücklicher die Erd’ um die Sonne, und die Sonne wärmte mit Strahlen der Gottheit. » (Beethovens Werke, série 25, supplément, n° 264, 26 et suiv.):
22. I, F. SCHIEDERMAIR, Die Gestaltung weltanschaulicher Ideen in der Vokalmusik Beethovens, 8 et suiv.
23. L'ouverture de Fidelio en mi majeur, de 1814, est une simple introduction symphonique, Cf. son analyse dans M. KUFFERATH, ouv. cité, 146 et suiv.
24. Pour la chronologie des ouvertures de Léonore, cf. R. ROLLAND, Beethoven, les grandes époques créatrices, De l'Héroïque à l’Appassionata, II, 316-317, note.
phrase de l'air de Florestan : « Au printemps de ma vicrele bonheur m'a fui » (*). Elle fait entendre le double appel de trompette qui annonce l’arrivée du ministre (**), puis répète la citation de l’air de Florestan (?’). L'ouverture n° 1 ne fait pas entendre l’appel de trompette, mais utilise avec plus d’insistance l’adagio de l’air de Florestan (**). Enfin l’ouverture n° 3 place au début, comme le n° 2, l’allusion à l’air de Florestan qui engendre un tout petit développement introductif (**). Dans lallegro qui suit passe un écho de la phrase entrecoupée de Florestan qui, dans son cachot, constate l'émotion de Léonore qu’il n’a pas encore reconnue (°°), puis intervient la double sonnerie de trompette (*!). Malgré les différences considérables que présentent ces trois ouvertures, elles procèdent donc d’une même conception et les allusions qu’elles font à divers motifs de l’œuvre indiquent bien que le problème de la libération du prisonnier était pour Beethoven l'élément principal de son opéra. L’héroïsme de Léonore n'existe qu’en fonction du but à atteindre, la conception philosophique et sociale de la liberté ne s’exprimera dans la pièce qu’une fois la libération de Florestan réalisée; elle constituera une sorte d'amplification ou de moralité de la fable que les spectateurs auront vue en action.
Si on considère non plus le problème de l’héroïsme et celui de la liberté, mais l’esprit de l’ensemble des personnages, on peut diviser ceux-ci en deux groupes. Dans le premier se placeront côte à côte Léonore, Klorestan et don Fernando. Ce sont trois êtres de sentiment, trois idéalistes généreux, trois âmes fraternelles. Dans l’autre groupe figureront pêle-mêle Pizarro, Rocco, Jacquino et Marceline. Ceux-ci sont, à des degrés divers, des matérialistes épais et grossiers. Par opposition avec la façon dont Beethoven a traité musicalement les héros de l’idéal, il a fort bien caractérisé comme telles ces Âmes vulgaires. Pizarro exprime son caractère dans l’air avec chœur n° 7 (*?). Le mouvement n'y varie pas, du début à la fin c’est un allegro agitato. On trouverait sans doute peu d’airs d’opéra présentant cette particularité. La première partie est en ré mineur, la seconde en ré majeur : à la simple fureur succède la joie du triomphe escompté sur un ennemi particulièrement dangereux. Mais d’un