Bett., I, p. XVI. — R. ROLLAND, Gaœthe et Beethoven
Bettina en a fait paraître beaucoup plus tard, en 1835, dans la Correspondance de Gœthe avec une enfant (*), ou par une lettre écrite au prince de Pückler-Muskau en 1832, publiée avec toute la correspondance du prince (*). Ce n'est qu’en 1870 que Nohl a pu retrouver et publier un récit authentique de la rencontre, contenu dans une lettre adressée par Bettina, peu de jours après son départ de Vienne, à un élève de Savigny, Anton Bihler, qu'elle avait connu à Landshut (*).
Beethoven et Bettina restèrent-ils en correspondance? C’est possible, et Bettina aurait voulu le faire ou le laisser croire. En 1839, elle a publié, dans la revue Athenäum de Nuremberg, trois lettres que Beethoven lui aurait adressées aux dates du 11 août 1810, du 10 février 1811 et du 15 août 1812, les deux premières de Vienne, la troisième de Teplitz. Elle les a reproduites, avec quelques variantes, dans son roman épistolaire intitulé Îlius Pamphilius et Ambrosia, publié en 1848 ‘). L’authenticité de ces trois lettres a été mise en doute par divers critiques, dont Otto Jahn, Marx et Schindler, tandis que d’autres, comme Nobhl et Carriere, l’admettaient. Thayer les a d’abord crues toutes trois authentiques, puis n’a plus admis que les deux premières (°). En 1880, Carriere a pu publier le texte de la deuxième de ces lettres, d’après le manuscrit retrouvé dans les papiers de Philippe von Nathusius, l'original d’Ilius Pamphilius, qui le tenait de Bettina elle-même (7). Une étude de Deiters, en 1882, et plus récemment une de Leitzmann ont, semble-t-il, définitivement réglé cette controverse : seule la deuxième lettre est incontestablement authentique. La première et la troisième ne peuvent passer, à moins qu’un hasard improbable n’en fasse découvrir l'original, que pour des inventions de Bettina (°).
Il est inutile de reprendre ici l’examen de ces divers documents du point de vue de leur authenticité. Ce qui nous importe