Gomme parricides, ils en auraient pu souiller les ravons
Digit
THOAS
Ceux<<i vous accompagneroDt
Envoyez Tordre aux habitaals*,.
THOAS
De quoi?
IPHIGÉNIE
l>e se renfermer dans leurs maisons.
THOAS
Pour ne pas rencontrer les parricides?
IPHIGÉNIE
Oui^ car c'est une souillure abominable*
TH0AS9 à un garde.
Va, et publie cet ordre.
IPHIGÉNIE
Que personne ne se penche pour les voir.
THOAS
Quelle sollicitude pour mon peuple I
IPHIGÉNIE
Que les amis surtout se tiennent loin.
THOAS
Ce<û s'adresse à moi.
Digit
IPHI6ÉNIB.
Vous, Roi, reâtez ici, au temple. ••
Pour quoi faire?
IPHIGÉNIB.
Pour le purifier avec la torche. ••
THOÂS.
Afin qu*à votre retour tout soit saintf
IPHIGÉNIB.
Lorsque les étrangers vont sortir. •#
Que dois-je faire ?
IPHIGÉNIB.
Couvrir vos yeux de votre péplos *•
THOAS
De peur de contracter quelque souillure?
IPHIGÉNIB.
Et, si je vous parais tarder...
Comment saurai-je que c'est fini
IPHIOÉNII»
Ne vous étonnez point • 1. Manteau.
Digit
THOAS
Accomplissez à loisir les cérémonies sacrées.
IPHIGÉNIE
Puisse celle eipiaiion réussir selon mes souhaits 1
THOAS
Je joins mes vœux aux vôtres
Ou je me trompe fort, ou tous les spectateurs athéniens souriaient de plaisir pondant ce dialogue^ qui tient plus de la comédie que de la tragédie. Il peut nous paraître singulier qu* une pièce dont les deux premiers tiers appartiennent à la terreur, à la pitié, au pathétique le plus noble et le plus puissant, n'ait, pour remplir le dernier tiers, que cette espèce de conte d'enfants; mais je suis sûr que cela ne déplaisait pas aux Grecs. Tout cela ensemble ne compose-t-il pas une tragi-comédie très romantique?
Lesprisonniersyla statue, la prêtresse, ont bientôt fait de s'embarquer et volent sur les flots vers Argos. Thoas, lorsqu'il apprend leur fuite, ordonne qu'on les poursuive, — comme le Géronte de Scâpin, voulant envoyer la justice en pleine mer après le Turc qui lui enlève son fils. — Heureusement Pallas Âthènè descend du ciel fort à propos, et annonce qu'on voudrait en vain s'opposer au dessein d'Oreste, conseillé et conduit à
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sa fia par les Dieux. La statue de Diane sera portée dans TÂltique, et adorée sojs le nom de Diane Taurique en mémoire de ces événements.
Telles sont les principales scènes de Ylphigénie en Tauride. Par les faits, la pièce paraîtrait la suite d'Iphigénie à Aulis; cependant elle fut composée et représentée auparavant : et plusieurs détails, qui ne se raccordent point, montrent que ces deux pièces ne faisaient pas partie d*un même ensemble, de ce qu'on nommait une trilogie.
On conçoit bien que la beauté des deux premiers tiers ait vivement frappé Racine et lui ait donné l'envie de transporter cette pièce sur notre scène, en l'y adaptant. Il en prépara donc un premier acte en prose, de la manière que l'on va voir. Mais une fin qui pût convenir au public français était difficile à trouver, et le poète apparemment y renonça.
3l!2 LE nOMANTISU£ OES CLASSIQUES