LE CHOEUR
O Roi, la voici qui revient. Elle répondra elle-même à tes que.^ lions.
Iphigénie reparait, sortant du temple et porlant la statue.
THOAS
Eh quoi ! d*où vient, fille d'Âgamennon, que vous transportez dans vos bras la slatue de la Déesse, qui ne doit point quitter sa place ?
IPHIGÉNIE
Roi, arrêtez le pied au seuil de ce temple.
THOAS
Qu'est-il donc arrivé d*cxtraordinaire dans ce temple, ô prêtresse?
IPHIGÉNIE
Une abomination: c'est le respect des choses saintes qui m*arrache ce mot.
THOAS
Quel étrîinge début! Parlez clairement.
IPHIGÉNIE
Les victimes dont vous vous êtes emparés sont im-« pures.
THOAS
Qui VOUS Ta appris? N'est ce qu'une supposition?
Digit
304 LE aOMANTISME DES CLASSIQUES
La statae de la Déesse a reculé de sa place en se détouroaQt.
THOAS
D'elle-même, ou par TefTet d'un tremblement de terre ?
IPHIGÉNIE
D'elle-mémei et elle a fermé les yeux pour ne point voir,
THOAS
Quelle en est la cau^e? Est-ce la soaillure de ces étrangers?
IPHIGÉNIE
Oui, c'est cela seul : car ils ont commis un horrible crime.
THOAS
Ont*ils égorgé quelque voyageur sur le rivage ?
IPHIGÉNIE
Ils sont venus chargés d'un meurtre domestique.
THOAS
Lequel? Parlez.
IPHIGÉNIE
Ils ont assassiné leur mère ensemble. ••
THOAS
Et c*est pour cela que vous portez dehors la statud de la Déesse.
IPHIGÉNIE
Oxn, je Texpose à Tair pur, pour la délivrer de rôdeur du sang.
THOAS
Et comment a^cz-vous découvert le crime de ces deux étrangers?
IPHIGÉNIE
La statue de la Déesse, en se détournant avec horreur, ne me l'a-t-elle pas fait comprendre ?
THOAS
La Grèce vous a donné un esprit pénétrant, pour avoir ainsi deviné... Mais, dites-moi, qu'allons-nous faire de ces deux hommes?
IPHIGÉNIE
Nous devons observer la loi qui nous est imposée.
THOAS
Eh bieni Feau lustrale et le glaive ne sont-ils pas prêts î
IPHIGÉNIE
Je veux d*abord purifier les victimes par de saintes ablutions.
THOAS
Est-ce dans Peau des sources, ou dans les flots de la mer?
IPHIGÉNIE
C'est la mer qui lave le mieux toutes les souillures des mortels.
Digit
Les Tictimes alors redeviendraient pures, et pour raient être offertes à la Déesse.
IPHIGÉNIB.
Et moi je pourrais procéder bien et dûment au sacrifice.
THOAS
Eh bien! les flots de la mer viennent se briser aa pied du temple.
IPHIGÉNIE
Cette cérémonie veut de la solitude: nous avont» d'autres choses à faire.
THOAS
Menez-les où vous voudrez. Je ne demande pas è voir les mystères.
Je dois purifier aussi la statue de la déesse.
THOAS
Oui, puisque la tache du parricide Ta souillée.
IPHIGÉNIE
Sans cela^ je ne l'aurais jamais tirée de son sanc« tuaire.
THOAS
Je loue votre piété et votre prudence. Toute la ville a bien raison de vous admirer.
Digit
IPHIGÉNIE
Savez-vous ce que vous devez me faire maintenant?
Vous n'avez qu'à dire.
IPHIGÉNIE
Chargez-moi de chaînes ces deux étrangers.
THOÂS.
Où pourraient-ils fuir?
La Grèce ne connaît guère la bonne foi.
THOÂS.
Eh bieni gardes, qu'on les enebaîne.
IPHIGÉNIE
Et puis, qu'on les amène ici.
THOAS, aux gardes.
Tous entendez?
IPHIGÉNIE
Qu'on leur voile la tête.
THOAS
Afin qu'ils ne puissent voir le soleil ^.
IPHIGÉNIE
Donnez-moi aussi une escorte.