Racine semble s'être rappolé cette coupe, lorsquMl a dit
La frayeur les emporte...
t. Bn latin mmpunt moram.
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Son eslomac, ouvert d'an tronc pointu, se vide De ses boyaux traînés sous le char homicide.
Sa belle âme le laisse, et va conter là- bas, Passant le fleuve noir, son angoisseui trépas. De ses yeux éthéréa la luisante prunelle, Morte, se va couvrant d'une nuit éternelle.
Nous, que la peur avoit dès le commencement Séparés loin de lui, accourons vilement Où le sang nous guidoit d'une vermeille trace, Et là nous arrivons à Theure qu'il trépasse; Car les liens de cuir, qui le serroient si fort. Rompirent d'aventure, usés de trop d'efforti, Et le laissèrent prêt de terminer sa peine, Qu'il retenoit encore avec un peu d'haleine. Ses chiens autour de lui piteusement hurlants Se montroient du malheur de leur maître dolents. Nous, qui l'avions servi, nous jetons contre terre, Nous déchirons la face, et chacun d'une pierre Nous plombons la poitrine, et de cris éclatants, Pâles et déformés, l'allons tous lamentants.
Les uns lui vont baisant les jambes déjà roides, Les autres l'estomac, les autres ses mains froides. Nous lui disons adieu, maudissant le Destin, Le char, les limonniers et le monstre marin, Causes de son malheur ; puis, dessus nos épaules, L'apportons veuf de vie étendu sur des gaules. Or, je me suis hâté pour vous venir conter Ce piteux accident qu'il vous convient dompter.
En lisant ce curieux récit, il ne faut pas perdre de vue que, parmi les tragédies qui précédèrent le théâtre du xvii® siècle, celles de Robert Garnier, né en 1834, à la Ferté-Bernard, mort en 1890 au UanSy occupent le premier rang.
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Appendice à la page 12 f.
ÉPISODE DE DÉMËNÈTÈ
TIRÉ DU ROMAN DE l'ÉVÊQUE HÉLIODORE
Les ÉthiopiqueSy ou les Amours de Théagène et de Chariclée
...i« Un certain jour de la grande solemnité que l'on appelle Panathenea, auquel les Athéniens font traisner par terre en procession un navire en l'honneur de Minerve, j'estois sur le commencement de mon adolescence, et avois chanté Thymne qu'on a accoustumé de chanter ce jour-là en Thonneur de la Déesse, marchant le premier en la procession, ainsi que la coustume le porte ; puis m'en retour- Tiay chez nous tout ainsy comme j'avois esté accoustré pour la solemnité, avecquc la même robe II. 19
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-et les mesmes chapeaux* de fleurs. Aussi tost qu'elle me vid ea cest accoustrement , elle sortit hors de son bon sens et ne desguisa plus son amour; ains (mais), découvrant sa meschante concupiscence, accourut à moy et m'embrassa eslroiotement, disant : « nouveau Hippolvte 1 ô mon Theseus ! » Que ponscz-vous que je devins alors, veu qu'à cesle heure je rougis encore de honte en le vous racontant seulement ?
» Or, quand le soir fut venu, mon père alla souper à l'hostel de ville, et, comme en une générale assemblée et festin public, il y devait passer toute la nuict. Parquoy elle s'en vint la nuîct, et se mit en effort d'obtenir de moy une chose détestable. Mais, quand elle vid que je lui résistois en toutes sortes, et que je lejecLois toutes les caresses, prières, menasses et promesses qu'elle me pouvoit faire, elle se despartit de moi, soupirant amèrement et du plus profond de son cueur. Si ne demoura que celle nuict seub la meschante à me dresser embusches : car, premièrement, elle ne se leva point du lict le lendemain ; ains, quand mon père retourna le matin en la maison, et qu'il luy demanda que c'estoit à dire cela qu'elle es toit encore au lict, elle feit semblant qu'elle se trouvoit mal, et ne luy respondit autre chose la première fois. Et, comme mon père insis-
1. Chapeaux, chapelets, guirlandes portées sur la tête (cap, du la in capwi, tèie.— Le chapeau de la mariée: c'est-à-dire, sa guirlande de tête, sa coiffure de fleurs.
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last à luy demauder par plus:eiii*s fois qui luy faisoit mal, — « Ce ban enfant, dict-elJe, mesmement envers moy, voire filz et le mien, ccluy que souventes fois j'ay plus aimé que vous, les Dieux m'en soyont tesmoings, ayant entendu, ne sçay par qui ne comment, que j'étois enceinte (ce que je ne vous avois point voulu descouvrir jusques à ce que j'en fusse du tout assurée), a espié i'occision que vous fussiez hors de la maison, et, comme je i'admonestois, ainsi comme l'on remonstre coustumièrement aux jeunes gentz,...il m'a saulté à deux pieds sur le ventre et m'a ainsi accoustrée comme vous voyez. »
» Incontinent que mon père eut ouy ceste accusation, sans rae dire rien, sans m'interroger, sans me donner congé ny loisir de me défendre, croyant fermement que celle qu'il estimoit si bien affeclionnée envers moy ne mcntiroit jamais à mon préjudice, tout de ce pas me vint trouver où j'eslois en quelque lieu de notre logis, ne sçachant rien de tout cecy, et commença à me battre de grandz coupz de poing, puis appela ses serviteurs et m'ouitragea vilainement d'escourgées *, sans que je peusse deviner, à tout le moins, pour quelle cause j'estois ainsy vilainement desciré. Après qu'il eut assouvy son ire à me battre, — « Hé dea l mon père, dy-je alors,s'il n'estoitdevant(avant) raisonnable, au moin»
1. Fouet qui est faU de plusieurs lanières de cuir. Étymologie^ ccrgie^ qui est le mêmeque courroie ; ialia corium, cuir.
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328 LE aOUAMTISME DKS CLASSIQUES
me semble-t-il que maintenant vous me dcussiez dire quelle occasion vous avez eue de m'oultrager ainsi de coiipz. — ! la bonne pièce, me respondil adoucy, il veult que je luy dise les meschancetez qu'il a luy-mème commises ! » En disant cela, il me laisse là et s'enreva vers Démènètè. ». • . .
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Appendice à la page 33, lignes H à 48.
Que dire de ranachronisme de Gluck, bien autre que ceux de Racine! Gluck, dans son Jphigénie en Aulide. a cru devoir meltre un ballet pour (égayer ce sujet sombre, et, parmi les airs de ce ballet, savez- vous quoi? Une gavotte! — Une gavotte, au milieu des préparatifs du sacrifice d'une victime humaine I
: or thk k^
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330 LE ROMANTISME OE,H CLASSIQUBii
Appendice à la page 213^ au bas^
Au commeucement de VHéraclius de Corneilie.
Phocas s'exprime ainsi :
Surtout qui, comme moi, d'une obscare naissance, Monte par la révolte à la loute-puissance, Qii, de simple soldat, h l'empire élevé.
Ne l'ai que par le crime acquis et conservée
Jamais tyran ne prononça ce mot.
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Appendice à la page 28 i.
Dans l'intéressante Correspondance de M, de Rémusat avec sa mère (Calmann Lévy, 1884), celleci lui écrit, le 18 juin 1816 : a C'est un beau mélodrame que riiistoire d'Angleterre. Elle a du créer Shakspcare, comme le siècle de Louis XIV a fait Racine. »