‹ Le romantisme des classiquesChapitre 62 sur 63 · I. Poulse, puUat, bat · texte numérisé non relu

I. Poulse, puUat, bat

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Lors le preux Hippolyte fsicj, qui, avecques le foue^

Avecques la parole et les rênes avait

Retenu ses chevaux, comme un savant pilote

Relient contre le vent son navire qui flotte,

Ne savoit plus qu'y faire : il n'y a si bon frein

Bride, rêne, ni voix qui modère leur train.

La frayeur les maîtrises et, quoiqu'il s'évertue^

Il ne leur peut ôter cette crainte têtue.

Ils se dressent amont, et de trop grand effort

L'écume avec le sang de la bouche leur sort.

Ils soufflent des naseaux et n'ont aucune veine,

Nerf ni muscle sur eux qui ne tende de peine.

Comme à les arrester il se travaille ainsi,

Et qu'eux à reculer se travaillent aussi>

Voici venir le monstre, et à Theure, et à Theurs,

Les chevaux éperdus rompent toute demeure.

S'élancent de travers, grimpent au roc pierreux,

Pensant toujours l'avoir ensuite derrière eux.

Hippolyte, au contraire, essaye à toute force

D'arrôler leur carrière, et en vain s'y efforce.

Il se penche la tête, et à force de reins

Tire vers lui la bride avecques les deux maint;

La face lui dégoutte,* eux, que la crainte presse

Au lieu de s'arrêter redoublent de vitesse.

Il est contraint dô choir, et de malheur advient

Qu'une longue lanière en tombant le retient.

Il demeure empêtré, le nœud toujours se «.erre,

Et les chevaux ardents le traînent contre terre

A travers les halliers et les buissons touffus.

Qui le vont déchirant avec leurs doigts griffus.- .

La tête lui bondit et ressaute sanglante ;

De ses membres saigneux la terre est rougissante,

Gomme on voit un limas qui rampe, aventureux.

Le long d'un cep tortu laisser un trac glaireux.

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