AVANT-PROPOS
LA PSYCHOLOGIE IMPÉRIALISTE COMME INSTRUMENT d'iNVESTIGATION CRITIQUE
^ Ce livre est un chapitre de Texamen d'ensemble que, depuis quelque quinze ans déjà, nous avons entrepris de consacrer au mysticisme romantique, dont l'influence s'exerce sur la pensée européenne depuis plus d'un siècle et demi. Nous avons successivement étudié ce mysticisme à sa source dans l'œuvre de Rousseau, Messie de la religion nouvelle, puis dans sa ramification sociale chez Fourier, Proudhon, Karl Marx, Ferdinand Lassalle, les socialistes allemands actuels; dans sa forme raciale chez Gobineau, Renan, Houston Stewart Chamberlain, et les pangermanistes théoriques de ces dernières
années; enfin dans sa direction esthétique et passionnelle chez Gœthe, Stendhal, les Stieglitz, Schopenhauer, Barbey d'Aurevilly, Tolstoï, Nietzsche, Rohde, William James : pour ne pas parler d'études plus brèves consacrées par nous à maint autre représentant J de la sensibilité romantique. ^
Cette philosophie — ou plus exactement peut-être cette psychologie — de l'impérialisme et de la volonté de puissance, que nous avons appliquée à l'étude des grands courants de la pensée contemporaine, a été, dès ses premières manifestations, l'objet de jugements sympathiques : tels le volume du professeur Kretzer : Ernest SeiUière's Philosophie des impérialismus (Berlin, Barsdorf), l'étude du regretté Edouard Rod sur l'Impérialisme dans la Revue des Deux Mondes du 15 novembre 1907, les pages du grand sociologue autrichien Gumplowicz dans Die Wage (3 août 1907), les appréciations de MM. H. Lichtenberger dans la Revue universitaire, Gabriel Monod dans la Revue historique, Maurice Wilmotte dans la Revue de Belgique