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mont contre rinteHigcnce calculatrice, de l'instinct contre la raison, l'incapacité de s'adapter au milieu. »
M. Palante, le brillant collaborateur philosopbique du Mercure de France, a fait en outre une critique jusqu'à un certain point justifiée de notre attitude intellectuelle dans son excellent ouvrage de la Bibliothèque de philosophie contemporaine : Pessimisme et individualisme (Alcan, 1913). Mais cette critique s'adresse surtout à notre Mal romantique^ vieux de huit ans déjà, car il parut en allemand en 1907 avant d'être pubhé en français en 1908, et sa rédaction remonte à 1906. Depuis lors nos idées se sont, dans plus d'une direction, précisées et corrigées d'elles-mêmes. Nous concédons désormais davantage encore à la mystérieuse activité ou liberté individuelle dans l'œuvre du progrès total, à cet ignotum quid qui s'est le plus souvent exalté dans l'humanité jusqu'à la disposition mystique, c'est-^dire qui a traduit par un appel à Talhance de l'au-delà l'eflort humain pour s'insérer dans la réalité résistante et antagoniste. Nous n'en
persistons pas moins à réserver notre adhésion au mysticisme épuré des scories ancestrales et sans cesse mieux éclairé par cette expérience accumulée et synthétisée de l'espèce, qui est la raison.
L'étranger n'a pas été moins accueillant à notre pensée théorique. En Allemagne, où notre tentative a rappelé les grandes synthèses psychologiques naguère esquissées par les Taine ou les Renan, où on l'a également considérée comme le plus original des prolongements de l'œuvre nietzschéenne (en quelques-unes au moins de ses directions), ont paru les études du professeur Lauscher dans la Kœlnische Zeitung du 29 février 1912, celle du docteur Hengesbach dans Der Tag (octobre 1913), celle de M. Egon Friedell qui écrit dans la Schaubuhne (22 janvir 1914) : « La méfiance de M. Seillière à l'égard du romantisme a si fort aiguisé son coup d'œil psychologique qu'il a révélé ce romantisme en des cachettes obscures où nul ne l'avait jamais soupçonné jusqu'ici. Nietzsche lui-même, combattant sur le tard
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rinfluence de Schopenhauer, n'a pas fouillé si profondément que M. Seilliôre, jusqu'à ses racines extrêmes, le romantisme de ce penseur. »
En Angleterre, M. Joseph Ilone a donné dans The New Statesman du 20 décembre 19i3 un très intelligent commentaire de notre pensée sous ce titre : The romantic malady. En Hollande, notre synthèse psychologique a été exploitée surtout contre les excès du socialisme romantique par M. F. Smit Kleine dans l'organe le plus en vue de la presse batave : De nieiiwe Courant. Ses deux feuilletons sont du 15 mai 1913 : Ernest SeilUère, et du 31 août 1913 : Sociale r ornant iek. La Roumanie témoigna de son attention à notre égard en soUicitant notre avis sur l'avenir politique des Balkans dans la grande enquête instaurée par la Noua Revista Romdnày oii la France fut représentée par MM. Lavisse, Boutroux, Le Bon, Le Dantec et nous-môme.
Enfin, en Italie, le mouvement impérialiste si marqué depuis la campagne tripolitaine et les événements des Balkans a prêté à notre
œliVtô un caractère d'actualité immédiate auquel elle n'avait point prétendu, suscitant par là des discussions intéressantes. Nous signalerons en particulier l'article caractéristique de M. Luigi Marrocco, le romancier philosophe, dans VOra de Paletrtie (28 octobre 1913 : L' imper ialismo di E. SeiWère) et la considérable étude qui figure dans le recueil posthume Littérature et Sociologie (Mildin, Trêves, 1914) de l'éminent sociologue transalpin, Scipio Sighele (i). Nous en reprodui-
(1) Cette étude est malheureusement la dernière qui soit sortie de la plume de Sighele, décédé en octobre 1913. Nous reproduirons les lignes biographiques qui lui ont été consacrées par le Journal des Débats du 24 octobre 1913 :
« Un des sociologues les plus en vue d'Italie, le professeur Scipio Sighele, vient de mourir à Florejice, à l'âge de quarante-cinq ans. Originaire du Trentin, il passa les années de sa jeunesse à Milan, où son père remplissait les fonctions de procureur général du roi. Son premier ouvrage sur la foule criminelle fut patronné par César Lombroso, dont M. Sighele avait adopté les vues, et obtint un très vif succès. Quelques essais publiés dans le Mondo criminale itaUano confirmèrent sa réputation de psychologue et d'écrivain élégant. Parmi ces ouvrages, citons le Couple criminel, l'Intelligence de la foule, la Complicité.
« A ces écrits d'un caractère purement juridique succédèrent des livres moins graves, plus politiques que scientifiques. Un opuscule où le système parlementaire était éncrgiquement pris à partie, souleva des discussions ardentes. Les volumes intitulés : Littérature tragique. Dans l'Art et la Science, Idées et problèmes, contiennent les essais publiés de
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rons quelques fragments à titre d'exposition préalable de notre pensée, persuadé que cette pensée se fera facilement assimilable dans la fine interprétation du savant d'outremonts.
côté et d'autre par l'auteur, ainsi que ses conférences. M. Sif^hele a publié aussi plusieurs livres sur le léminisme : la Femme nouvelle, la Femme et Vamour, etc..
« Le mouvement nationaliste qui prit naissance en Italie il y a quelques années, et auquel la guerre d'Afrique donna un certain essor, compta dès l'origine dans M. Sigliele un fervent adepte. Son attitude décidément hostile à l'Autriche le désigna même aux foudres de la police de Vienne. Interdiction lui fut faite de remettre le pied sur le sol autrichien. Il possédait à Nago, dans le Treutin, une propriété de famille où il aimait à passer l'été. La suprême satisfaction de mourir sur son bien lui aura donc été refusée. Les ouvrages de cette dernière période s'appellent : Le Nationalisme et les partit politiques: Pour VUniversilé italienne à Trieste, etc..
« Avocat, Scipio Sighele ne revêtit la robe qu'une seule lois, pour se porter partie civile au procès Murri-Bonmarlini. Il demeura longtemps à Rome, professant un cours à l'Université. Pour raisons de santé, toutefois, il alla se fixer à Florence. La mort ne l'a point surpris à l'improviste. Depuis longtemps on s'attendait, dans son entourage, au coup fatal qui vient de le frapper. D'un temi)érament énergique et laborieux, Scipio Sighele aura travaillé jusqu'à son dernier souflle. Il venait de refondre un de ses premiers ouvrages, qui doit prochainement paraître sous ce titre : Morale privée et morale économique. »