Les conclusions morales de V impérialisme
On a fort bien dit que, si vaincre est le précepte qui s'impose aux sociétés, se vaincre
soi-même reste le précepte décisif de la morale individuelle. Or Timpérialisme enferme en soi ces deux grands préceptes. Il faut que rindividu sache se vaincre, — en ce qu'il fera taire sans cesse l'instinct égoïste qui le pousse à dominer sans retard et sans réserves, — t-J s'il veut véritablement vaincre ensuite dans la lutte sociale.
Ainsi guidé par Timpérialisme, chacun de nous ne se révélera pas seulement commp le créateur ou l'adhérent d'une morale strictement égoïste qui affirmerait la prééminence de sa propre personne, il se révélera de plus — et là est la transition entre impériahsme individuel et impérialisme collectif — comme l'affirmateur orgueilleux, mais discipliné d'une doctrine qui pose la prééminence dans le monde de son propre groupe, d'origine ou d'élection. Ainsi le patriote estime que sa patrie a sur toutes les autres nations du globe une supériorité indiscutable et possède par conséquent un droit souverain à l'expansion conquérante. Ainsi l'homme blanc affirme qu'un abîme le sépare de l'homme de cou-