‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 4 sur 95 · I. Le liomanUsine et les m<eurs. l^réface, page xi · texte numérisé non relu

I. Le liomanUsine et les m<eurs. l^réface, page xi

3. La publication de deux chapitres de ce travail dans la Heriie bleue nous a valu communication de nouveaux documents. Quelques-uns. de ces documents remontant jusqu'à i83i. il nous a été possible de faire remonter aussi notre étude jusque-là.

3. Voir la citation au début du cliapitre II, la Toilette masculine. — Cf. aussi, dans la Toilette féminine, la note 3 de la page 6,

succos cléfiiiilif" du •' .lîciirc iiioncm Aiîc o. (lomnic ponr ce (|ni est flos mœurs, avec iiu-ompiiiahlciiicnl plus de rii|)i- (lil('' sciilciiiint. If niaximiimd'inniiciKH' du loniaiilisme a coïncide avec sa période d"é(dal lilléraire. il semble donc bien (inOn puisse, sans trop dinconvénienls. faire commencer la véritable histoire de la mode romantique au leiid( main du succès (Y Henri Iff rf sa cour. C/esl du moins ce (pic nons avons lait — volontairement. Le lecteur devait en èlrc loxaicmcnt averti.

( )n ])ourra sétonner aussi ([ue certain chapitre sur l'a mcu bit nient et rarchitecture s,> t^niuine assez brusquement, iiicn nélait facile comme de le prolonger, la liste des bévues et sottises commises alois ])ai' les construc^ leurs. rc])aialcurs et restau ratems de toute sorte ayant atteint dimposantes dimensions. Mais il n'entrait pas dans notre sujet de faire l'histoire d'une partie de larchitecture française dans la première moitié du xix'' siècle, et surtout il ont été parfaitement injuste de paraître rendre le romantisme responsable, ne fût ce que pour une minime paît, des réjouissantes inepties de disciples par trop inexpérimentés, cl d'admirateurs, fort convaincus sans doute, mais encore plus ignorants.

Clcrniont-Ferrand. mars it)ii.

MM. Ilarliiiiiiin el 1 rrcr ont bien rotihi se faire nos obligeants collabornteiirs, M. IJarlmann en nwllanl à noire lUsposilion son admirable coller lion de gravures et d'estampes de l'époque romantique, M. Vever en nous autorisant à reproduire quelqiws illustrations de son .y)lendide ouvrage, La Bijouterie Française au mV siècle (Floury, éditeurj, •V vplnmes : c'est un devoir pour nous — el un très vif plaisir — de leur en offrir ici nos ]>lus sincères renwrcimeids.

Il y a longlomps que robservalioii en a été faite : tout grand événement, historique ou littéraire, a son contrecoup inimédial sur la mode, dans notre pays. C'est même une des façons les plus ordinaires dont la majorité des Français et des Françaises témoignent de l'intérêl qu'ils prennent à tout ce qui se passe autour d'eux d'un peu ini[)ortanl. Une forme de chapeau consacre le triomphe d'une école, une coupe de vêtement le succès d'une politique, et tout finit par des comptes de modistes et de couturiers '.

I. Il y a eu successivement les cols Atala. les toques à la Marie Stiiart, les fichus Dame blanche, et les rubans Trocadero, par souvenir du voyage du duc d'.Vngoulènie en Espagne. Cf. O. Uzanne, La Femme française, p. 98, et in siècle de modes féminines, p. 12. — Sous Louis-Philippe, << tous les jolis garçons de la capitale veulent avoir un pantalon plissé aux hanches comme celui des chasseurs d'Afrique ; on a des hurnous, des chécliias chez soi. » Gh. Simond, Paris de IHOO à 1900. Il, p. 336. — Le « bonnet luthérien » fît fureur après les Huguenots, et le succès de Fanny Elssler dans la Tempête mit à la mode V « elsslérine », etc. Cf. l'étude si substantielle et si agréable de M. Ehrliard, lue vie de danseuse, Fanny Elssler, Paris, Pion, 1909.

Il élail impossible que la révolution ioinaiirK[ue n'apportât pas de modificalions dans la plupart des habitudes sociales ; et en effet son influence mondaine a été notoire. On mit du romantisme dans sa toilette et l'on en mit dans son mobilier. Pour se conformer au rite des élégances nouvelles, on grilla d"innond)rables cigarettes, on fit flamber allègrement le punch, on pratiqua méthodiquement l'orgie, (I l'orgie échevelée d, comme on disait avec une truculence naïve. Tout bon romantique exhibait cavalièrement barbe ou moustaches, et secouait avec orgueil une chevelure au moins « mérovingienne », quand elle n'était pas « léonine ». Le teint devait être verdâtre, l'air fatal, et il était de la dernière distinction de paraître succomber sous le poids d'une destinée maudite, en tirant dune poitrine caverneuse les plus lamentables soupirs.

Ce furent là ridicules assez répandus. On ne prétend certes pas qu'à partir de 1820 ou de i83o les trois quarts des Françaises se soient affublées de robes à llsabeau de Bavière ou à la Marguerite de Bourgogne, la plupart des Français de pourpoints à la vénitienne, et qu'ils se soient tous donné un teint (( cuir de Cordoue » ou jaune citron. Mais aussi ne faudrait-il pas croire que la mode romantique n'ait été le fait que de quelques initiés, écrivains, artistes, snobinettes, cérébrales ou simples détraqués des deux sexes. Il en a été de cette mode comme de toutes les autres, exactement : on a généralement aimé le u goût nouveau », on l'a suivi, quelquefois même avec une application, une candeur délicieuses. Les chapitres de ce livre en offriront tous au lecteur des preuves amusantes.

Traitée avec quelque détail, la matière exigerait au moins un gros volume. Nous n'avons pas la prétention

de l'écrire : c'est trop dilllcilo. Iroj) délicat, et peut-être le résultat ne serait-il ])as en proportion de la diiricidlé et de l'elTort. Il nous suffiia d'établir, par (juelqucs indications précises, que le romantisme a exercé son iidluence jusque sur la vie mondaine. Essayons donc, dans un sujet qui fid toujours en l'rance d'une im[)<)rtaiic(' capitale, essayons de démêler ce qu'il est légitime d "attribuer au succès des idées romantiques.

MODES DE PARIS Le Mercure des Salons, 18^0

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