I. Les Fashionables ou les Goûts du jour, i
L AMEUBLEMENT ET L AIUMII IICTIHE loy
c'est le romantique — nous aAancc une chaise dont les pieds tordus ne médisent rien qui vaille. VA\e a l'air toute vermoulue. Si elle allait s'effondrer!... Je m'assieds avec des précautions infinies. Je suis sur des charbons ardents...
« Le maître du logis qui parle, chose bizarre, la langue que nous parlons tous aujourd'hui, devine mes sentiments, et il daigne me rassurer. •' Pour avoir appartenu à un courtisan de Henri III, ces sièges n'ont encore rien perdu de leur solidité... Cette écritoire vous intéresse? Je pourrais prouver (pi'elle a été donnée j)ar François I" à une damt; <le ses amies... Mais regardez ce poignard. Charles I\ le portait le jour de la Saint-Barthélémy. Voudriez-vous le voir de plus près ? Tenez, là. près de la garde, ces petites taches sombres, c'est sans doute le sang de quelque huguenot... Et je ne désespère pas de retrouver l'arquebuse avec laquelle Sa Majesté très catholique s'amusait à tirer sur ses sujets mécréants... »
On dirait une épidémie et elle n'épargne personne. « Les salons se modernisent par l'introduction d'anciens objets d'art : vieux bahuts, figures gothiques allongées, manuscrits à miniatures, vitraux, etc. Ce fut alors, dans les appartemens à la mode, un pêle-mêle de moyen âge et de Renaissance, de meubles piqués des vers, de tapisseries dans lesquelles se logeait la poussière, de vitraux qui empêchaient de voir clair, de commodes incommodes. Grands et menus objets de pierre, de marbre, de cuivre, recouvraient les murailles; il fallut tout un attirail de dressoirs, de crédences. de consoles, pour supporter des émaux, des bas-reliefs, des verreries ' » . La mode nouvelle impose « des colifichets moyen âge jusqu'en des vestibules as-