L AMEUBLEMENT ET L ARCHITECTURE II
Ce n'est à leur sens que « cacophonie et galimatias ». Mais où donc la production industrielle, « forcée tout à coup, sollicitée par les enrichis du beau monde, » trouverait-elle le temps de soigner ce qu'il faut livrer en hâte ? « Si quelques seigneurs difficiles exigeaient en ces travaux l'intervention d'un architecte et l'adjonction de capacités, les plus pressés choisissaient au hasard des confections ce qui leur paraissait devoir meubler somptueusement l'hôtel tout neuf terminé de lavant-veille. M. James de Rothschild a consulté Berthault pour l'aménagement de son holel de la rue d'Artois : J. LalFitle a eu Hittorff ; une comtesse très anonyme et très notée a eu Bélanger. Mais du jour au lendemain, M. Barillon a acquis des coquetteries suffisantes à son esthétique naïve. Achetés le matin, les meubles arrivaient le soir, et dans la semaine il ne manquait au logis de la Chaussée d'.Vnlin qu'un peu d'harmonie et de simplicité '. »
Et que de Barillons alors dans la bourgeoisie !
(I... Voulez-vous maintenant quelques nouvelles;' Vous plairait-il vous égayer un peu ? Or donc écoutez.
(( La bourgeoisgenlilhommerie des P*** vous est bien connue. Depuis que le père de la petite P*** a fermé sa boutique et fait gratter son nom de son enseigne, ça vous prend des airs de duchesse et de marquis !... On leur a dit qu'on ne voyait que meubles gothiques dans les meilleures maisons, ils ont voulu avoir, eux aussi, un ameublement gothique. Mais ils se sont trop pressés. ^ ont-ils pas crié par-dessus les toits qu'en trois mois, à force de courir la Champagne et l'Orléanais, ils avaient découvert des merveilles?... Il faudrait les entendre, lui avec son rire épais, elle avec ses minauderies, vous dire :