‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 67 sur 95 · Chainpfleury. Les Vignettes ronvintiques · texte numérisé non relu

Chainpfleury. Les Vignettes ronvintiques

2. Fcrrière, Roinnns et mariage, I. p. 97. — Cf. Balzac (Œuvres complètes, II, p. 56(), Une Fille d'Eve) : « Après les nombreuses descriptions d'orgies qui marquèrent cette phase littéraire (i833), où

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Orgies de toute part dans la littérature, orgies de toute part chez n les jeunes vraiment jeunes ». Lisez })lulôt l'amusante pièce de Roger de Beauvoir, dans la Cape et rEpée.

Arthur est co qu'on nomme un poète à la inotlc. Romanesque jeune homme, et qui ne croit à rien. Abîmé de Champagne et mauvais rimeur d'ode. Mais qui ne chante pas trop mal l'italien.

Il est rose et bien fait. — On le met en musique, 11 enlève beaucoup de femmes dans ses ^ers : Il fume, boxe, boit sur la place iJublique...

.Nous avons à Paris beaucoup de ses semblables. Dérangés par système, honnêtes jeunes gens. Oui veulent à tout prix boire et casser des tables, Kt rentrer en fumant le soir cliez leurs parents.

ïhé<iphile Gautier a raison : l'orgie était alors u aussi nécessaire à une existence d'homme qu'à un in-octavo d'Eugène Renduel ». De tous les côtés claironnent les appels les plus retentissants.

Voici le punch qui bout et siflle dans la coupe ! Que la bande joyeuse autour du bol se groupe ! En avant les viveurs ! Usons bien nos beaux ans ; Faisons les lorils Byrons el les petits dons Juans ; Fumons notre cigare, embrassons nos maîtresses. Enivrons-nous, amis, de toutes les ivresses'...

il s'en fît si peu dans les mansardes où elles furent écrites, il est dilTicilc de pouvoir peindre celle de Florine, » etc.

I. Epigraphe de Sons la table, dans les Jeune-France. — On a beau être l'homme le plus sobre du monde, force est bien de suivre la mode, au moins en poésie ; et Théopliile Gautier ne craint ])as de nous faire ces imaginaires confidences :

Aux vents capricieux qui soufflent de Bolièrne, Sans les compter, je jette et mes nuits et mes jours. Et, parmi les llacons, souvent l'aube au teint blême M'a surpris, dénouant un mascpie de velours.

Cf. encore dans la Pcaa de chagrin (.Balzac, XA , p. i^a), un long

lÇ)'2 LE ROMANTISME ET LV MODE

Et l'on se grise en vérité quelquefois : mais, le plus ordinairement, ce n'est qu'une orgie de bruit et de paroles. Avant même d'avoir vidé leur première bouteille, ces jeunes gens sont ivres de paradoxes et d' c assourdissantes clameurs ».

Alors un tourbillon d'incohcrcnlos phrases. De chaleureux devis, de ludesqucs emphases. Se déroula, hurla, bondit au gré du rum, rionimc une rauquc éincufe à travers un forum '.

Tapage infernal. Indescriptible colme. On crie à qui mieux mieux et l'on s'égosille, — avec le seul désir de réduire les autres au silence parle tonnerre de la voix et l'énormité des propos.

Vrai Dieu I Quels insensés dialogues I L'analyse, Devant tout ce chaos moral, se scandalise;

comme aussi devant ces

...conversations d'enfer où s'accumule Plus de charivari, de tempête et d'arroi. Que dans la conscience et les songes d'un roi.

C'est quelque chose enfin de si monstrueux qu'une comparaison ultra-romantique seule peut en donner l'idée. Figurez-vous donc un tremblement de terre dans une ville espagnole : les palais tombent dans les égouts, les églises s'écroulent dans les quartiers juifs, et de (( chastes capucins », sortis en procession pour conjurer le fléau, vont rouler, victimes de leur charité, dans des lupanars !

passage, assez important, sur la poésie de la débauche. Et qui aurait jamais cru (Jasimir Delavigne capable d'écrire ce romantique alexandrin :

Nous étions beaux à voir autour d'un bol en feu 1

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