LAIR ROMANTIQUE
finesse; el quand on ne l'a point, on se donne beaucoup •de mal pour l'avoir ou paraître l'avoir.
Oui. ma taille est cambrée et surtout elle est fiue ;
lit-on dans la saynète à laquelle nous axons déjà lait de nombreux emprunts, les Fashionables ou les Goûts du Jour,
Ou la cite en tous lieux pour sa légèreté ; Car le fait est certain, ma sveltesse est divine El je ferai bientôt la nique à la beauté.
C'est dans la bouche d'un romantique, est-il besoin de le faire remarquer? que sont mises ces prétentieuses et ineptes paroles.
Au témoignage de la comtesse Dash, qui l'avait bien connu, Barbey d'Aurevilly a «une taille de guêpe )>, et beaucoup de ses contemporains sont « aussi seiiés, aussi pinces que lui... C'était la mode ^ ».
Quelques uns la pratiquent avec un zèle si aveugle qu'ils en deviennent immédiatement lidiculcs. l ii magistrat, homme d'esprit, définissait ainsi l'un de ces outranciers : « Le petit de B'**.^ l ne pomme d'api sur deux citrouilles réunies par une allumette. » La figure du petit de B*** n'était pas selon le rile romantique, du moins sa taille s'y conformait-elle scrupuleusement.
Et cette sveltesse, on l'entretient ou on se la donne, non point par la pratique des sports, ainsi qu'il con\iendrait à des hommes, mais exactement à la mode des femmes, en se privant de nourriture. On a vu plus haut les observations ironiques de la Mode sur cette manie de sobriété excessive. Quand il reste chez lui, Barbey d'Au-