I. Dans Le Journal du 3 octobre
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revilly fait o-i-àce à son estomac dun repas par jour : et quand il dîne dehors, si cela s'appelle dîner, il ne touche à aucun plat'. C'est la méthode d'un certain nombre de Jeune-France.
Elle a des avantages. D'abord, elle ne grève aucun budget domestique. Puis il \ a des gens — fort peu délicats à la vérité — qui en profitent comme d'une excellente occasion pour rendre, sans trop de frais, les politesses qu'ils doivent. Le moyen est d'une enfantine siiTiplicilé.
Vous choisissez dans vos relations des gens notoirement atteints de romantisme, vous les invitez ensemble, à peu près sûr d'avance qu'ils ne toucheront à rien, et vous organisez votre dîner en conséquence, non pour la qualité, cela va de soi. mais pour la quantité. ^ ous avez, par exemple, dix ou douze personnes à recevoir : par prudence — la précaution est généralement inutile ; mais enfin il y a des gens si bizarres, si fantasques! — par prudence, vous commandez pour trois ou quatre seulement ; et cependant que vos hôtes romantiques se répandent en propos amers et désabusés, ou résignés et mélancoliques, vous avez la satisfaction de faire avec madame votre épouse un plantureux festin, dont les restes vous défraieront encore au moins une semaine. C'est ainsi que M. et M"' F*'* reçoivent quelquefois, à ce que prétendent les mauvaises langues de leur quartier -.
1. Celle manie esl d'autant plus caractéristique que les plaisirs de la lable. à cette époque, sont, en général, loin d'être méprisés ; lisez plutôt les Soiipeurs de mon temps, de Roger de Hcauvoir. et voyez, p. it)5, le menu du dîner de 5oo francs qu'à la suite d'un pari « M. le comte Hector (pour Horace; de Viel-Castel » mangea à lui tout seul. M. le comte n'avait évidemment pas un estomac romantique. — En guise de déjeuner, on prend quelque chose, un rien : « c'est le mot de tout le monde, c'est-à-dire de la Jeune-France. » (Balzac, Nouvelle théorie du déjeuner.)