Uaoul B***, Jeune-Krance, janvier
2. Plus tard Théophile Gautier s'en moquait mieux encore, et avec pas mal de verve et de gaité, dans son chapitre De l'obésité en lillératiire, qu'on trouvera à la lin des Jeune-France.
« Quand j'étais jeune, j'avais les plus étranges idées à l'endroit de l'homme de génie, et voici comment je me le représentais :
« In teint d'orange ou de citron, les cheveux en flamme de pot à feu, des sourcils paraboliques, des yeux excessifs, et la bouche dédaigneusement bonifie par une fatuité byronienne, le vêtement vague et
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A moins — car reslhétique de la physionomie est plus variée, plus complexe, pour les hommes que pour les femmes — à moins qu'on n'ait encore un teint basané, « cuir de Cordoue, More dAfrique », quelque chose enfin d'étrange et d'exotique, à quoi ne puissent décemment prétendre « les placides, roses et adipeux bourgeois». On se distingue ainsi tout de suite de la foule incolore, et l'on suscite des admirations où il entre pas mal d'envie.
Être fauve ou bronzé : rarissime privilège et condition assurée de tous les triomphes. D'une élégante ville
noir, cl la main nonchalanimont passée dans l'hiatus de ftiabif.
« ... Je n'aurais pas admis un poëte lyrique pesant plus de quatrevingl-dix-neuf livres; le quintal m'eût profondément répugné : il est facile de comprendre par tous ces délails que j'étais un romantique pur sang et à tous crins. »
Mais c'a été chose \ite faite de passer à l'opinion contraire : et il se tient désormais fermement attaché à cet aphorisme, indiscutable en effet : « L'homme de génie doit être gras ». De tout côté les preuves ne vous en crèvent-elles pas les yeux ?
Balzac « est un muid plutôt qu'un homme ». « L'africanisme de ses passions n'empêche pas l'auteur d' Anloiiy de devenir très dodu ». Quant à Rossini, « il y a six ans qu'il n'a vu ses pieds ». Janin « effondre tous les sophas du xvxu'^ siècle sur lesquels il lui prend fantaisie de s'asseoir », et on fait essayer par Lablache la solidité des ponts nouveaux. Sainte-Beuve. Eugène Sue grossissent. Lui-même, enfin, Victor Hugo suit l'exemple général, à moins qu'il n'ait été le premier à le donner. « M. Victor Hugo cjui, en sa qualité de prince souverain de la poésie romantique, devrait être plus vert que tout autre et avoir les cheveux noirs, a le teint coloré et les cheveux blonds ; il n'a pas les joues convenablement creuses, et il a l'air de se porter beaucoup trop bien. — comme Napoléon devenu empereur. »
Il est vrai qu'il y prend peine. " M. Hugo fait dans son assiette de fabuleux mélanges de côtelettes, de haricots à l'huile, de bœuf à la sauce tomate, d'omelette, de jambon, de café au lait relevé d'un filet de vinaigre, d'un peu de moutarde et de fromage de Brie, qu'il avale indistinctement très vite et très longtemps. 11 lappe aussi de deux en deux heures de grandes terrines de consonnné froid. »
Et les disciples imitent le chef de leur mieux.
Il y a bien, il est vrai, quelques génies maigres : Lamartine, Alusset, Vigny, A. Houssaye. Mais ce sont des « rêveurs. »
LAFERRIERE
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d'eaux de lEsf. une vieille marquise écrit, à la dalc du mois d'août 180.") :
« Toutes les jeunes têtes sont à l'envers et tous les petits cœurs en émoi. Depuis inie semaine, nous avons le grand honneur, que j'apprécie, croyez-le bien, de posséder deux prétendus diplomates. Ils sont diplomates comme la petite R*** est marquise, et je ne leur confierais pas mon petit Zadig », le chien favori de la corresj)ondante. « Mais enfin c'est une fureui*. Ils sont de toutes les réunions ; il ne se donne pas une fête ofi l'on ne soit assuré de les rencontrer. C'est au point que M'"" de D***, dont vous connaissez la sévérité sur certain chapitre, les a reçus chez elle... Et la raison de cet enthousiasme, que je me permets de trouver ridicule, c'est qu'ils ont le teint bilieux et la peau presque aussi noire que cette affreuse mégère de Y***, ^oilà-l-il pas de quoi faire tourner les têtes ? Mon Dieu 1 que les femmes sont niaises aujourd'hui !... Il est vrai qu'ils ont d'assez beaux yeux ; mais quelle vulgaii té et quel mauvais goût !... Il ])araît qu'il est distingué aujourd'hui de ne pas être comme tout le monde... Cette petite perruche de L*** ne me disaitelle pas l'autre jour, avec les minauderies que vous pouvez imaginer, qu'elle avait eu le ])laisir de causer plus d'une demi-heure avec l'un d'eux, et qu'elle s'imaginait avoir causé par moments avec un des personnages mêmes de je ne sais plus quel grand poëte anglais.^» C'est évidemment Byron qu'elle veut dire. ((De la part d'une pareille pécore, qui passe ses nuits à lire et ses jours à ce que vous savez, le propos n'est pas pour surprendre... ))
Il est sur qu'en dépit de la mauvaise humeur, nullement indulgente, de la vieille marquise, les « petites perruches » et les (( pécores n ont été assez nombreuses
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alors, cl qucllis onl vu sans indiflerencc les modernes émules de Childe-Harold et de Manfred, — comme la trop peu charitable douairière était forcée elle-même de le constater.
Coïncidence curieuse, tous ou presque tous les membres du Petit Cénacle, dont Théophile (iautier a si agréablement conté l'histoire, réalisent l'un ou l'autre des types à la mode '. .
Gautier tout le premier, ainsi qu'il convient, est u naturellement olivâtre et fort pâle ». Petrus Borel a « le visage olivâtre de peau, doré de légers tons d'ambre comme une peinture de maître qui s'agatise, et illuminé de grands yeu\ biillants cl tristes, des yeux d'Abencérage pensant à Grenade. La meilleure épithète que nous puissions trouver pour ces yeu\-là. c'est : exotique ou nostalgique ». Bouchardy « ne semblait pas né dans nos pâles climats, mais au bord de l'indus ou du Gange, tant il était basané et fauve de ton... Il ne lui manquait que d'être vêtu de mousseline blanche, coifl'é d'un turban de cachemire enroulé, et de porter un anneau de diamants à la narine, pour avoir l'air tout à fait du maharajah de Lahore... Ses prunelles, étoilées de jais, brillaient de feux: noirs sur une sclérotique jaune. On eût <iit bien plutôt un disciple de Calidaça ou du roi Soudraka... qu'un élève enthousiaste de Yictor-Hugo. Aussi lui faisait-on parfois cette plaisanterie de lui dire, lorsque l'heure de se. retirer était venue : (( Maharajah, votre palanquin est avancé et s'ennuie à la porte. » Philothée
I. Peut-être serait-il plus exact de dire que, les premiers romantiques notoires ayant eu ce teint-là, les imitateurs n'ont eu rien de plus pressé que de l'admirer et de chercher à se le donner. C'est ainsi que d'un caprice et d'un hasard de la nature on aurait fait un précepte d'esthétique.
L AIR UOMAMIOLF; Mi)
O'Ncddy est « bistré de peau comnio un mulâtre » et il a <( une sorte de galbe africain » qui lui vaut c le sobriquet d'Othello». Quant à Alexandre Dumas, pour le teint comme pour le reste, la nature s'était montrée envers lui généreuse jusqu'à la prodigalité.
Même physionomie chez d'autres grands artistes romantiques. Delacroix a le teint « d'une pâleur olivâtre, d'abondants cheveux noirs : une beauté farouche, étrange, exotique, presque inquiétante n. Lui aussi, on l'eût pris pour « un maharajah de l'Inde, ayant reçu à Calcutta une parfaite éducation de gentleman et venant se promener en habit européen à tiavers la civilisation parisienne ». On trouve qu'il ressemble à lortl Byron luimême, et (' pour faire mieux sentir cette ressemblance, Devéria, dans une même médaille, dessine leurs profils accolés ». liocagc cntîn est h par sa peisonne, son talent et la manière dont il comprend ses rôles, le véritable idéal du jeune premier romantique)) ; il y a chez lui « une certaine fierté dédaigneuse, un mystère à la façon de Lara et du giaour, en un mol. une fatalité byronienne ».
C'étaient de beaux, d'illustres modèles, qui devaient séduire, et qui séduisirent en effet toute une génération.
D'autant que les modèles ont bien garde de rien oublier de ce qui peut les faire valoir et frapper d'admiration leurs naïfs contemporains. Daignent-ils communiquer leur image au public? Us se font peindre (jeunes, distingués, étranges et répondant au goût de leur époque», ou, comme dit avec une familiarité plus expressive Champfleury, ils » se composent une tête^ »
I. « La pln|)nrt des poètes e( des romanciers, de 1825 à i84o, en même temps qu'ils atTicliaient des sentiments fictifs, se composèrent « une tète ». Vignettes romantiques, p. 127. — Ces ridicules n'étaient pas nouveaux. On lit dans les Mémoires (Foutre-tombe, de Clhateau-
u Les principaux écrivains romantiques passèrent par le crayon de Devéria qui donna à leur physionomie, ainsi qu'aux plis de leurs habits, un tour tout à fait fatal. Jean Gigoux, Louis Boulenger, Célçstin Nanteuil. Jehan Du Seigneur trouvèrent à ce moment des regards, des chevelures, des altitudes, qui n'appartenaient pas précisément à l'école d'Holbein, mais qui. répétés avec insistance sur la toile, le marbre, le bois et le cuivre, donnent à croire que poètes et romanciers des deux sexes de ce singulier temps appartenaient plus ou moins à la famille d'Aiigèle et d'. l///o//v- »
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C'est en etïel lu préoccupation générale, ou à peu près. Le teint sera ce qu'il pourra, pâle et olivâtre ou fauve et basané : pourvu qu'on ail l'air « fatal, byronien, giaour, dévoré parles passions et les remords»-, enfin satanique et maudit, c'est ressenliel. Byron est le graïul modèle, Byron, le u plexus solaire » du xix® siècle, comme n'a pas craint de dire Barbey d'Aurevilly. « dans une audacieuse métaphore anatomique » '. C'est à lui et à ses héros qu'on se doit de ressembler, jioiu' ])eu qu'on se pique
l)riand (i'dilioii ]?iic, 1\ , p. j^G) : « En iSa-?, le fashionable devait ofTrir au premier coup d'œil uu homme malheureux el malade ; il devait avoir quelque chose de négligé dans sa personne, la barbe non pas entière, non pas rasée, mais grandie un moment par surprise, par oubli, pendant les préoccupations du déses])oir ; uièche de clievevix au vent, regard profond, sublime, égaré el fatal; lèvres contractées en dédain de l'espèce humaine; cœur ennuyé, byronien, noyé dans le dégoût el le myslère de l'être. » L'auteur de lient' pouvait ])arler de ces ridicules en connaissance de cause.
I. E. Seillière, Barbey d'Aurevilly. Ses idées et son œuvre, p. 33.
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d éti'e à la mode : el cost à lui et à ses héros qu'on ie8seinl)l(\ — en lilléraliire, avec une lidélilé épeidue ; et dans la vie ordinaire, avec une application qui nous paraît l)ien lidicule. Le sourire doit être triste, la figure mélancolique, Tatlitude orgueilleuse, tout doit donner l'impression dune destinée rude, mais vaincue, comme il est dit dans Jacques *.
Voilà le charmant idéal auquel il est du meilleur goût d'aspirer, et que chacun s'eflbrce de réaliser de son mieux.
Les éciivains d'ahord, quelques écrivains du moins.
Musset ferait bon marché de tout son génie pour ressembler à Byron, entendez i)our avoir sa physionomie et ses aventures. Il rêve « le titre, le rang, la beauté, la prodigalité, les débauches, la réputation fatale du grand seigneur poète n. C'est d'Alton Shée qui latrirme {Mémoires, 1, p. iio) cl il l'afTirme à bon escient.
George Sand écrit à Sainte-Beuve, le ii mars i833 : (( Ne croyez pas trop à tous mes airs sataniques ; je vous jure que c'est un genre que je me donne. » Aveu précieux, et doublement significatif.
La mode est si générale, si profondément ancrée — pour l'instant — dans les habitudes -, qu'on voit s'y conformer, ou essayer de s'y conformer, ceux-là mêmes que toutes sortes de raisons, el les meilleures, devraient en éloigner le plus.
... J'étais sombre el farouche ; Mon sourcil se tordait sur mon front soucieux Ainsi qu'une vipère en fureur ; et mes yeux Dardaient entre mes cils un regard feiiue et louche. Ln sourire infernal crispait ma pâle bouche.
1. On se demande même de Jacques si ce n'est pas « un de ces spectres auxquels croient les Allemands. ■>
2. En voici quelques preuves, glanées au hasard dans les romans
fil LE ROMA>ÏISME ET LA MODE
Ce sont confidences do Théophile Gaulicr cji personne. N'allez pas cependant les prendre au sérieux. Le « bon Théo » s'amuse, comme il s'amuse encore dans la préface de ses Jeune-France, quaiul il lutns fait pai'l de Timpression qu'il produit partout, et qu'il n'est pas autrement fâché de produire. Mais justement le témoignage n'en a pour nous que plus d'intérêt et de signification.
Malgré sa corpulence, Balzac s'étudie à prendre l'air fatal, quand il fait son apparition dans la loge des Tigres, à l'Opéra, et il l'a généreusement donné à quelques personnages de la Comédie humaine.
Au témoignage de Barbey d'Aurevilly, Maurice de <iuérin gâte volontiers » son profil de dernier des Abencerages >» : et B. de Marzan s'afilige de voir chez son ami (( il ne sait quel rire byronien creuser un pli fatal sur ce visage magnifiquement ombragé de son admirable chevelure noire... )
de Barbey d'Aurevilly. « Beau, mais marqué d'un sceau fatal, le visage de l'inconnu (l'abbé de la Croix-.Tugan) semblait sculpté dans du marbre vert, tant il était pâle ! et cette pâleur verdàtre et meurtrie ressortait durement sous le bandeau qui ceignait ses tempes ». L'Ensorcelée, cliap. ni. — M"" de l'olastron voit pour la première fois Ryno de Marigny. « Il était tout en noir. Elle ne l'analysa pas. Elle ne le jugea pas. Sa première pensée fut le Lara de lord Byron <>. Une vieille maitresse, I, chap. ii. — Enfin, un passage des Didboliques est particulièrement significatif. « Lord Byron conunençait à devenir fort à ta mode dans ce temps-là, et quand Mesnilgrand était silencieux et contenu, il y avait en lui quelque cbose des liéros de Byron; ce n'était pas la beauté régulière que les jeunes personnes à âme froide recberchent. Il était rudement laid ; mais son visage pâle et ravagé, sous ses cheveux châtains restés très jeunes, son front ridé prématurément, comme celui de Eara ou du Corsaire, son nez épaté de léopard, ses yeux glauques... avaient une expression devant laquelle les plus moqueuses de la ville de *** se sentaient troublées ». A un Diner d'athées, p. SaS, édit. Lcmerre. — Sur le byronismc de Barbey d'Aurevilly, on lira avec grand profit le livre très pénétrant, que nous venons de citer, de M. Ernest Seillière, Bnrbey d'Aurevilly. Ses idées el son œuvre, Paris, Bloud, 1910.
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Il n'csl pas jusqu'à ce bon «^éaiit trAlexandie Dumas, dont les éclats de rire sont des coups de tonnerre et qui les tit retentir toute sa vie durant, il n'est pas jusqu'à Dumas qui ne renonce, en passant, à ce qu'il y a de plus instinctif, de plus spontané dans sa nature, et qui ne juge opportun de ressembler, au moins quelques heures, à son Antony. « Moi, j'ai la gaîté persistante... yVlors, la seule gaîté permise était la gaîté satanique. la gaîté de Méphistophélès ou de Manfred... J'avais, comme les autres, mis un masque sur mon visai^e... Ce masque devait tomber peu à peu et laisser mon visage à découvert. Mais, je le répète, en 1882, je posais encore pour Manfred et Childe Harold '. .>
Les jeunes artistes qui se réunissent dans l'atelier de Jehan Du Seigneur pour boire du punch ont tous quelque chose de l'air à la mode. Voici le portrait de l'un d'entre eux :
L'astre des nuits lustrait son visage Dantesque, Et le Nord dérangeait son manteau gigantesque
Avec de sauvages sanglots.
A voir son crâne ardu, sa fauve clievelure, De son cou léonin la musculeuse allure.
Ses veux caves, durs, éloquens.
Ses traits illuminés d'orgueil et d'ironie. On l'eût pris volontiers pour le rude génie
Des tempêtes et des volcans.
Il y a cependant plus romantique encore, et c'est naturellement le poète même, à qui nous devons les vers qu'on vient de lire et ceux qui suiM'ut :
I. Mes Mémoires, cliap. ccwxii. — Sur cotte attitude passagère de Dumas, cf. Parigot, Le Drame d'Alexandre Dumas, pp. 7'i-8o, 8-(j, 3oo et i3 (note).
.\près quelque silence, un visage moresque Leva tragiquement sa pâleur pittoresque, Et faisant osciller son regard de maudit Sur le convcnticule, avec douleur il dit '...
Teint moresque, pittoresque pâleur, regard de maudit : il semble diiricile d'incarner de façon plus complète lïdéal nouveau.
Sur les toiles que brossent les peintres, ce ne sont que personnages « au regard fatal et aux étranges allures». Voyez l'œuvre des Johannot ; voyez surtout les tableaux de Joseph Guichard conservés au musée de Lyon, et notamment le Rcve cV Amour. « Ln pez'sonnage à l'œil sépulcral, au type émacié. aux mains longues et osseuses, vêtu d'un pourpoint vaguement médiéval, la toque garnie d'une plume noire, regarde, accoudé près de sa maîtresse endormie, les visions riantes qui se dévoilent dans le brouillard de son rêve, tandis que derrière lui un Turc d'opéra-comique se dresse, inaperçu, la main sur son poignard )» : — le tout, exécuté dans la « manière noirâtre, pour paraître plus terrible - ».
Tout comme les écrivains et les artistes, quiconque ne veut point passer pour le dernier des épiciers et des bourgeois « se compose une tête ». comme dit Cballamel.
Il faut se créer un visage Où Ton puisse entrevoir un abîme, un orage. Les tempêtes du cœur, les outrages du sort, Les noirs pressentiments, le désespoir, la mort ' !
I. Philothée O'Neddy. Feu et flamme. Nuit troisième. Rodomontade. — Cf. encore le frontispice même des premières éditions des Odes et Ballades.