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Haour-Lormian, Le Classique et le Romantique

2. « Trop jeune pour avoir été Jeune-Franco, il (Murger) était cependant contemporain d'Anfony et, comme beaucoup d'autres, il croyait à la falalilé et il n'était pas fâché de j^orter son cœur en écharpe. 11 y en eut qui burent du vinaigre pour devenir plus pâles et avoir l'air plus intéressant. Murger ne but rien que du café qui, .superposé à des veilles et à dos privations nombreuses, lui signa son billot d'hôpital. » (Delvau, H. Murger et la Bohème, p. 4i-)

toulo particulière de savourer cette friandise : il Vu arrosée du jus de quatre ou cinq citrons ! Il fait cela tous les jours; et quelquefois, la même journée, il récidive. Je ne lui preterais pas mon estomac...

(» Il m'a confié quil comptait bien arriver au vinaigre. Mais il n'ose pas encore s'engager à fond, in premier essai a été malheureux : pour un tiers de verre avalé avec force grimaces, vives douleurs d'estomac pendant vingtquatre heures...

(' Ils sont quelques-uns à se noyer ainsi l'estomac de vinaigre et de jus de citron. Et. c'est là le plaisant de la chose, parce que Byron a fait des poëmes qui ont eu quelque succès. 0 desseins impénétrables de la Providence 1 0 conséquences imprévues et mystérieuses des choses ! 0 ironie souveraine de la destinée 1 La vogue du Gktour alimente le commerce des épiciers, et Manfred et Lara font vendre du vinaigre et des citrons ! 0 Byron, tu n'avais point prévu ce résultat : il eût été pour toi la suprême des douleurs 1 »

Mais, plus encore que la pâleur, on estime la « lividité». C'est le vrai signe d'élection et bienheureux qui le possède 1 Cela vous console presque de ne pas avoir de génie, u II était de mode d'être pâle, dit Théophile Gautier, livide, verdàlre, un peu cadavéreux, s'il était possible. I

Que si la nature vous a pourvu d'un teint si peu enviable, semble-t-il, mais alors si envié, c'est pour en concevoir une joie profonde, voisine du délire.

Que Satan soit béni ! Je suis pàlo et verdàtre.

Et mes succès partout déjà sont assurés ;

Je n'aurai pas besoin de constance opiniâtre.

Comme ceux dont les yeux — pauvres! — sont azurés.

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Les miens ont un éclat clrange et métallique Qui séduira d'abord la timide beauté ; Sur toute ma personne un air mélancolique Répand je ne sais quel charme désenchanté '.

C'est prosaïque, c'est plat, c'est de la plus ridicule et de la plus insupportable prétention, — sans compter qu'on ne voit pas très bien comment n un air mélancolique » peut être répandu sur une figure qu'illuminent des yeux « d'un éclat étrange et métallique » : — mais la sincérité du sentiment n'est pas douteuse, et on peut être assuré que ces vers tiaduisent les secrètes aspirations de toute une partie de la jeunesse d'alors, puisque aux yeux des femmes ces ridicules vous rendent irrésistible, comme en témoigne avec une abondante ironie Théophile Gautier. (( Les femmes sensibles vous trouvaient intéressant, et, s'apitoyant sur votre fin prochaine, abrégeaient pour vous l'attenle du bonheur, pour qu'au moins vous fussiez heui-euv en cette vie. » Et encore : « Comme je suis naturellement olivâtre et fort pâle, les dames me trouvaient d'un satanique et d'un désillusionné adorables... Les petites filles se disent entre elles que je dois avoir beaucoup souffert du cœur: du cœur peu, mais de l'estomac, passablement. » Théophile Gautier, sans aucun doute, raille et s'amuse: mais, comme dit l'autre, il -subsiste toujf)urs quelque chose de sa remarque -.

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