I. Léon V***, janvier iSSa
que VOUS a refusé la nature. Les acteurs se maquillent bien, et quelques jolies femmes aussi, à ce qu'on prétend du moins : on fera comme les acteurs et les jolies femmes ; et ce que tout à l'heure on demandait au vinaigre et aux citrons de l'épicier, on l'attend mainlenant des produits variés du pharmacien ou du droguiste.
Toutes ces nuances, en effet, m cuir de Cordoue, Soudan. Othello, ange des ténèbres, Lucifer, Satan o etc., s'obtiennent sans trop de peine. On fait pousser la barbe, nous l'avons vu. en la frictionnant avec de la graisse d'ours ou de chameau : on réussit même à la « teindre en toutes couleurs',» nous le savons encore : pourquoi serait-il plus difficile de se donner le teint exigé par le "•oui nouveau '.' Uien de plus simple en effet. Défiez-vous cependant des recettes que vous offrent sans vergogne d'impudents industriels : il se peut que l' « efficacité » en soit (I infaillible », comme ils le prétendent ; il est plus probable encore qu'elle n'est point inoffensive ; — et préparez vous-même votre enduit. Pas d'acides, ou gare aux accidents, comme disait un Jeune-France, en soulio-nant le jeu de mots. N'employez que des « choses végétales ». de préférence clés décoctions de cassis » pour la nuance Othello et c les décoctions de noix » pour la nuance c vcrt-de-gris ». Appliquez le soir, avant de vous coucher. Huit ou dix badigeonnages doivent suirire pour obtenir relîet voulu-.