‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 87 sur 95 · Voyez plus haut. p · texte numérisé non relu

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2. Louis Guibal, i834. C'est le même dont nous avons cité les vers, dans Le RomanUsme et les mœurs, p. 79 :

Le sort en est jeté, je veux être un artiste...

Ce futur « artiste » paraît avoir eu une dose terrible de naïveté. II est encore question, incidemment, de ces nuances de teint dans d'autres lettres écrites par déjeunes fous en i835 et i83(j. Nous n'avons pas vérifié dans les journaux d'alors si des

L Mil HOMAMIOUE •^^•).-

Plus .sini[)lriii('iil ciicon*, cl coiiinio le jeune Albert "Nei'dier (i835). — un nom piétiesliué, celui-là aussi. — ayez dans vos connaissances queUjunn des acteurs qui joueul (I les Africains et les Mores )>. Dcmandez-lni comment il se ((brunit la ])b\sionomie )> . el promenez liardimeni dans la iiie (( la ligure ({u'il arl)oie sur les pluncbes ». — On remarquera la bardiesse de la métaphore. — Sans doute, le moven n'est pas à la portée du premier venu. Il n'est pas donné à tord le monde d'avoir des relations u si brillantes, si artistes ». Mais aussi le précieux, l'incomparable avantage, « (prand on les a )) ! et comme on est assuré d'rrne « éclatante » — et facile — « supériorité ! »

Il est viai (pie la toilette exige quelques précaulions ultérieures. Tout comme certaines denrées délicates, ces ((applications» craig-iient la cbaleur et l'humidité. Qu'un exercice immodéré par- exemple ne vous mette pas en sueur quand vous aurez sur le visage le précieux enduit, ou alors les conséquences en seront désastreuses pour votre amour-propre, et vous apprêterez à rire autour de vous.

(( Je vous écrivais il y a trois jours, mais j'ai tant ri hier qu'il faut que je vous fasse rire un peu à votre tour : c'est ce que j'appelle la charité pour ses amis. Tant pis pour ceux qui fournissent à cette charité l'occasion de s'exercer !...

(c Nous avions organisé une promenade au petit bois

« enduits » ont été fabriqués, et quelle en était la composition. Mais aucune bi/arrerie n'est faite pour surprendre à cette époque d'enthousiasme et de folie. — On sait que les ongles de Barbey d'Aurevilly étaient « bordés de deuil », parce qu'il avait l'habitude de passer ses doigts h dans sa crinière léonine, imbibée de savantes mixtures pour conserver sa belle couleur noire ». Ernest Seillière, Barbey d'Aurevilly, p. 220.

que VOUS connaissez. Il vous souvient que ilu côté du château la montée en est un peu rude. Cette petite folle de L"* ne propose-t-elle pas d y aller à pied? Et vous savez que lorsqu'elle savise de vouloir quelque chose, il ne faut pas songer à lui résister... Le temps était splendide. (.)n accepte.

« B*** nous avait demandé de lui laisser amener un jeune homme de ses amis, dont il nous avait dit le plus grand bien. C'était un romantique, un original, il connaissait les meilleurs écrivains de l'époque, c'est-à-dire qu'il les avait vus quelquefois, il avait du caractère, il avait de l'esprit, c'était une physionomie enfin, une véritable physionomie. Nous avait-il assez rebattu les oreilles, pendant toule une soirée, de la physion(jmie de son jeune homme, ce pauvre B*** ? Il avait raison, c'était bien une physionomie, une véritable physionomie.

« Imaginez-vous une figure couleur de bronze, pas de ce bronze luisant, chaud, éclatant, moelleux au regard comme uiie lasse fumante de chocolat, mais de ce bronze vert de gris, comme on en voit aux statues des promenades publiques... Tout d'abord je l'ai cru malade, incommodé ; je lui ai même demandé s'il ne voulait pas un cordial avant de partir. Vous avez bien reconnu là mon bon cœur habituel et mon étourderie .' Mais aussi on ne se présente pas avec des figures de la sorte... »

On part. Le temps qui était splendide devient chaud. La sueur perle sur les fronts, et notre romantique commence à donner des signes d'inquiétude. Pour comble de malheur, cette espiègle de L*** qui a probablement tout deviné, on le dirait du moins aux éclairs de gaîté malicieuse qui passent dans ses yeux, cette espiègle de L*** s'est attachée à lui et ne le quitte plus. Elle le presse, elle le harcèle, elle le torture de questions. Comment sont

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