‹ Le romantisme et la modeChapitre 13 sur 99 · DIX HEURES DU SOIR · texte numérisé non relu

DIX HEURES DU SOIR

LA ÏOILKTTE FEMIM>E 21

Ses manches linissaient par égaler les miennes : elles me frôlaient la figure dix fois par jour '. )>

Et les jeunes mamans s'empressent de faire porter à leurs fillettes ce qu'elles portent elles-mêmes.

(( .le suis bien contenle. mon oncle, bien contente.

— Ah!' et pourquoi, ma jolie petite nièce, èles-vous si contente?

— Regardez. (Elle désigne ses épaules.)

— Hé bien ?

— Hé bien, il y a un petit ballon la-dessous, de chaque côté...

— Et vous vous en amuserez, quand vous aurez perdu ceux que je vous ai donnés pour vos étrennes-. »

Robe, coiffure, corsage, tout peut donc différer dans une toilette de femme, et souvent tout diffère. — tout, sauf les manches. La remarque s'impose, à feuilleter seulement la \ ie de château, d'Eugène Lami : et la remarque est confirmée par les « images » de Lanté et (îàtine, par le Miroir des Dames ou Xouvel (dphMhet franrfds, de (irèvedon, l'œuvre d'il. Monnier et les Croquis parisiens d'Edouard de Beaumont. Dans un de ces croquis, une petite fille pique des épingles dans la robe maternelle, de toutes parts ridiculement large et gonflée, c Eh bien ! qu'est-ce que vous faites donc là, mademoiselle!' » demande la, maman. — « Ah! répond la fdlette. c'est que tu ressembles tant comme ça à la grosse pelote qui est sur la cheminée (pie j'ai cru qu'il fallait aussi planter sur toi des épingles! d A ce compte, ce ne sont pas des épingles ((u'on aurait pu planter dons de certaines manches à gigot, mais des poignards ou des rapières. — pour

Page 1