L'ANNEAU NUPTIAL
LA TOILETTE FÉMIMNE 33
rement rabattus ou fièrement relevés à la mousquetaire et à la castillane, bouquets qui montent vers le ciel comme des flcches de cathédrale ou plumes qui retombent mollement sur la nuque qu'elles oinbragent et caressent, le tout assez souvent enveloppé, noyé dans un ravissant fouillis de gaze, de mousseline, de rubans et de blonde, quand la dentelle à elle seule ne forme pas comme une auréole autour de la tête : ce sont les principales manifestations de la mode moyenâgeuse '. Et le gracieux échafaudage s'appuie sur une chevelure crêpée, bouclée, ondulée, ébouriffée, c à travers laquelle il semble parfois qu'ont soufflé des tempêtes ». Car « le coifl"eur de i83o est essentiellement romantique », d'après M. Octave Lzanne-; et M. Ch. Simond corrobore la justesse de la remarque. « Le coifléur romantique haussa, augmenta, mit en tout des amplifications. La tête d'une femme était, aux environs de la Révolution de Juillet, un je ne sais quoi de prodigieux et d'immense-^ ». Et c'est ainsi qu'il passait quelque chose des fantaisies, des audaces et de l'humeur batailleuse des Jeune-France, jusque sur " les beaux cheveux de leurs muses », — lesquelles étaient sans doute plus attentives aux conseils de leurs couturiers et de leurs coiffeurs, généralement illettrés, qu'aux suggestions artistiques de leurs poètes.
1. « On écrit de Londres: Nos femmes à la mode viennent de remplacer les chapeaux, bonnets, toques, turbans, etc., par des voiles très amples dont elles se couvrent la tète et le col à la manière des femmes anglo-saxonnes du moyen-àge. Cette mode nouvelle n'est guère favorable qu'aux très jeunes femmes, mais elle ajoute singulièrement à levir beauté et leur donne une gi-àce extrême. » (La Mode, i83o, II, p. 287.) Les Françaises ont adopté les voiles et elles ont gardé les toques et chapeaux.